(TRIBUNE) - Par Steven Nbienou Kouadjo, Entrepreneur, Investisseur, Président du Groupe NBIKO et Fondateur de la Fondation SNK.
À l’heure où s’ouvre la Coupe du monde 2026 organisée pour la première fois sur trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique, l’Afrique ne se contente plus d’être une simple participante. Avec dix représentants qualifiés, le continent entre dans une nouvelle ère, celle où le sport devient un instrument d’unité et de narration collective. Le sport et la culture doivent cesser d’être perçus comme de simples divertissements pour devenir des vecteurs d’un récit africain entièrement réapproprié.
C’est un jour de fête pour l'unité des peuples et l'universalité du sport roi. Ce 11 juin 2026 marque le coup d’envoi du premier Mondial à 48 équipes de l'histoire, co-organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Sur le papier, l’Afrique célèbre une victoire diplomatique majeure, pour la première fois, notre continent aligne dix représentants. De la première participation historique de l’Égypte en 1934 à l'avènement de néophytes courageux comme le Cap-Vert, nous mesurons le chemin parcouru. Dix billets, c’est mathématiquement dix fois plus de chances de briser le plafond de verre des démis finales et d’atteindre, enfin, le sommet mondial comme le Maroc a su brillamment l'esquisser au Qatar.
Face à cette réalité, une question s’impose : comment transformer cet essai qui nous est à nouveau offert alors même que le continent peine encore à parler d’une seule voix, comme l’a récemment illustré la controverse autour de la dernière Coupe d’Afrique entre le Sénégal et le Maroc, où le titre oscille encore entre terrain et décisions administratives ?
C’est ici que doit s’opérer un changement de perspective. L’Afrique peut choisir de se réunir autour d’un projet plus structurant, celui de l’investissement dans le sport comme industrie et comme levier de développement.
Nous devons refuser de réduire le sport à une simple émotion de quelques minutes. Le sport est aujourd’hui une industrie lourde, structurée et mondiale qui génère de la valeur bien au-delà du terrain. Dans ce contexte, investir dans le sport africain est une nécessité pour donner du poids à notre continent et offrir des outils à notre jeunesse. Lorsque nous soutenons la professionnalisation du football, le rayonnement des talents locaux ou participons aux financements d’initiatives sportives, il ne s’agit pas de philanthropie passive mais celle de construire un écosystème sportif capable de produire de la valeur durable sur le continent.
C’est une manière d’attirer notre jeunesse vers l’excellence, de lui redonner confiance, et surtout de lui permettre d’exprimer son potentiel d’abord sur sa propre terre, avant de l’exporter vers le reste du monde. C’est cette logique de réappropriation qui est essentielle. Les barrières géopolitiques et économiques mises en lumière à l’occasion de ce Mondial rappellent que la véritable attractivité ne se demande pas, elle se construit et naît de l’intérieur par des investissements multiples.

C’est dans cette même dynamique qu’il faut reconnaître l’importance d'initiatives telles que celle lancée par ORUN Africa à l’occasion du Mondial 2026, le “Maillot de la Grandeur”, un projet que nous avons choisi de soutenir en tant que partenaire et mécène. Ce maillot dépasse sa dimension sportive et incarne l’idée d’une Afrique capable de se raconter elle-même, en réunissant les identités des dix nations qualifiées tout en rendant hommage aux 54 pays du continent. Présenté à Monaco sur le Art Floating Boat, premier hôtel d’art flottant, lors du week-end de Formule 1, le maillot de la Grandeur a fait forte impression à une foule de personnalités venu spécialement pour l’occasion.
Investir dans le sport, c’est aussi soutenir ce type d’initiatives qui transforment un symbole en message politique, culturel et économique. Ce maillot rappelle que lorsqu’une équipe africaine entre sur un terrain à New York, Mexico ou Vancouver, ce n’est pas une nation isolée qui joue mais un continent de 1,4 milliard d’âmes qui se lève ensemble, porté par une même fierté.
Au fond, ce Mondial 2026 nous place face à nos responsabilités historiques. Le sport n’est pas seulement un espace de compétition mais un moteur de confiance collective. En y investissant sérieusement et durablement, nous offrons à notre jeunesse un facteur d’unité mais aussi une véritable grille de lecture de son avenir.
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