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Le Nigeria veut bloquer les appareils non enregistrés sur ses réseaux

Le Nigeria veut bloquer les appareils non enregistrés sur ses réseaux
  • Date de création: 11 septembre 2026 14:33

(Agence Ecofin) - Le Nigeria veut renforcer le contrôle des équipements capables de se connecter à ses réseaux mobiles. Dans ce cadre, les autorités ont annoncé le déploiement d’un dispositif destiné à identifier les appareils avant leur commercialisation et à empêcher les terminaux non enregistrés de fonctionner sur les réseaux du pays.

La Commission nigériane des communications (NCC) a annoncé, le mercredi 9 septembre, le déploiement d’un système permettant d’identifier les appareils utilisant une carte SIM, notamment les smartphones et les tablettes, avant leur commercialisation. Le dispositif doit également empêcher les terminaux non enregistrés de fonctionner sur les réseaux du pays.

La NCC a fixé au 6 octobre 2026 l’échéance pour l’enregistrement des appareils déjà en stock, après avoir accordé un délai supplémentaire aux fabricants, importateurs et distributeurs. Le dispositif vise notamment les équipements non conformes, importés illégalement ou déclarés volés.

La mesure repose sur un système de gestion des appareils mobiles (DMS), adossé à un Central Equipment Identity Register (CEIR). Ce registre centralise les numéros IMEI des équipements mobiles. La NCC précise que les appareils importés devront être enregistrés avant leur vente et que ceux qui ne le seront pas ne pourront pas fonctionner sur les réseaux nigérians.

Le dispositif doit également permettre de lutter contre le marché parallèle. La première phase prévoit l’enregistrement des appareils déjà présents dans les stocks, ainsi que l’enregistrement et l’authentification des nouveaux équipements importés. La NCC travaille à cette fin avec les douanes nigérianes, les fabricants, les importateurs et les associations professionnelles. Les équipements déclarés volés pourront par ailleurs être bloqués sur les réseaux mobiles nationaux.

Cette évolution s’inscrit dans un chantier engagé en 2024. Les règles commerciales d’homologation publiées cette année-là ont fourni le cadre réglementaire pour la création du CEIR. La NCC a ensuite conduit des consultations et des études de marché avant le déploiement du système.

Un marché de l’occasion à mieux contrôler

L’enjeu est particulièrement important dans un pays où le marché des appareils d’occasion est développé. Selon la GSMA, 18 % des personnes interrogées au Nigeria avaient acheté leur téléphone actuel d’occasion en 2024, l’un des taux les plus élevés relevés dans son enquête. Ces appareils sont notamment commercialisés sur des marchés informels, comme Computer Village à Lagos, ainsi que dans plusieurs villes telles que Kano, Aba et Port Harcourt. La GSMA relève dans ce circuit des préoccupations liées aux contrefaçons, aux défauts cachés et à la modification logicielle de certains appareils.

Le Nigeria n’est pas le premier pays africain à utiliser l’IMEI comme outil de contrôle du parc d’équipements. En Tanzanie, la législation prévoit depuis plusieurs années un CEIR comprenant notamment une liste blanche, une liste noire et une liste grise. Les opérateurs doivent transmettre au registre les informations associant le numéro d’abonné et l’IMEI, tandis que les téléphones déclarés perdus ou volés peuvent être placés sur liste noire.

Le Ghana a également engagé une démarche similaire. Son régulateur prévoit d’utiliser un CEIR pour bloquer les téléphones volés, détecter les appareils contrefaits ou introduits illégalement et identifier les équipements associés à des activités frauduleuses. Le dispositif doit être intégré au nouveau système d’enregistrement des cartes SIM.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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