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Raffinage de pétrole : l'Afrique du Sud veut tripler ses capacités en relançant un site fermé en 2022

Raffinage de pétrole : l'Afrique du Sud veut tripler ses capacités en relançant un site fermé en 2022
  • Date de création: 11 septembre 2026 08:20

(Agence Ecofin) - Alors que les tensions géopolitiques mondiales provoquent des hausses de prix des produits pétroliers et perturbent les routes énergétiques, la première puissance économique africaine cherche à produire localement suffisamment de carburants pour sécuriser son approvisionnement et stabiliser les prix pour les consommateurs et l'industrie. 

Le Central Energy Fund (CEF), une entreprise publique sud-africaine qui gère les intérêts de l'État dans le secteur de l’énergie, a présenté, le mercredi 9 septembre, un plan de développement de la capacité nationale de raffinage du brut pour réduire la forte dépendance du pays vis-à-vis des importations de carburants.

Ce plan s’articule autour de la relance progressive de la South African Petroleum Refineries (SAPREF), une raffinerie de pétrole située au sud de la ville de Durban, principal pôle économique de la province du KwaZulu-Natal. La raffinerie sinistrée a été fermée en 2022, après avoir été endommagée lors des inondations survenues dans la province du KwaZulu-Natal. Elle a été reprise en 2024 par la South African National Petroleum Company (SANPC), une filiale du Central Energy Fund, auprès des groupes énergétiques BP et Shell.   

S’exprimant lors d’une rencontre avec des habitants de la banlieue sud de Durban, le PDG du CEF, Tshepo Mokoka, a évoqué un plan de développement et d’exploitation de cette raffinerie en trois phases.

Au cours de la première phase, le CEF chercherait à utiliser les réservoirs et les infrastructures de transfert existants pour soutenir l'importation de produits pétroliers afin de créer une « voie vers la durabilité commerciale ».

La phase suivante se concentrerait sur la reconstruction d’unités de raffinage ayant une capacité de traitement d’environ 400 000 barils par jour, ce qui représenterait une augmentation majeure par rapport à la capacité nominale d'origine de la SAPREF (180 000 barils par jour).

L'objectif de la troisième phase serait d'atteindre une capacité de traitement de 650 000 barils par jour. À terme, ce volume de production permettrait de tripler la capacité de raffinage totale du pays.

Sécuriser l’approvisionnement national  

« L'objectif immédiat est de générer des revenus, d'améliorer l'utilisation des infrastructures existantes et d'éviter les pertes inutiles pendant que le projet de redéveloppement plus large progresse », a déclaré M. Mokoka, sans dévoiler le calendrier et le schéma de financement du projet.

La reconstruction et l’extension de la South African Petroleum Refineries permettraient de réduire la dépendance aux importations des produits pétroliers raffinés, qui représentent actuellement environ 61 % de l’approvisionnement, contre 22 % en 2019.

Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), l’Afrique du Sud est le plus grand consommateur de produits pétroliers raffinés en Afrique subsaharienne. Le pays a cependant perdu près de la moitié de ses capacités de raffinage ces dernières années, en raison notamment des coûts insoutenables de modernisation de certaines vieilles raffineries et d'accidents industriels majeurs.

La première puissance économique africaine ne dispose actuellement que de deux installations de raffinage de brut en activité. Ces raffineries détenues par les groupes Sasol et Astron Energy affichent une capacité de production combinée d’environ 208 000 barils par jour, un niveau insuffisant pour amortir les éventuelles ruptures d’approvisionnement en produits pétroliers raffinés dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes sur la sécurité des routes énergétiques mondiales.

Walid Kéfi

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