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En Afrique de l’Est, la mobilité électrique à deux roues continue d’attirer des capitaux

En Afrique de l’Est, la mobilité électrique à deux roues continue d’attirer des capitaux
  • Date de création: 11 septembre 2026 03:51

(Agence Ecofin) - La transition vers la mobilité électrique touche aussi un moyen de transport profondément ancré dans les économies d’Afrique de l’Est : les deux-roues, ou « boda boda ».

En Afrique de l’Est, la moto occupe une place importante dans les déplacements et, surtout, dans l’activité de millions de conducteurs qui en dépendent pour leurs revenus. C’est sur ce marché déjà établi que se positionnent des entreprises de mobilité électrique comme ARC Ride, qui a bouclé mardi 8 septembre un financement de 33,3 millions de dollars, constitué de 23 millions de dollars de fonds propres et de 10 millions de dollars de dette.

L’agence française Proparco a annoncé, le 8 septembre, avoir apporté 1,5 million de dollars à cette opération, destinée notamment au déploiement de 5 000 motos et à l’expansion du réseau d’échange de batteries d’ARC Ride. L’entreprise rejoint Spiro parmi les opérateurs ayant récemment attiré d’importants financements. Ce dernier a annoncé plusieurs opérations depuis octobre 2025, dont un financement de 100 millions de dollars en octobre 2025, une dette de 50 millions de dollars en février 2026 et une levée de fonds propres de 215 millions de dollars en juin 2026, afin de poursuivre son expansion et de développer ses infrastructures.

Ces capitaux ciblent un marché déjà considérable. Le Kenya comptait environ 2,5 millions de boda-bodas enregistrés en 2024, dont 1,8 million étaient actifs, selon le ministère des Transports. En plus de cibler un marché immense, ces financements soutiennent des solutions susceptibles d’être plus rentables pour les utilisateurs. Une étude soutenue par la Banque africaine de développement estime qu’en Ouganda, les économies de carburant et de maintenance pourraient augmenter de 33 % le bénéfice mensuel d’un conducteur de boda-boda passant à l’électrique.

La combinaison de l’existence d’un marché, des retombées économiques pour les utilisateurs et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre liée à l’abandon des moteurs thermiques peut ainsi expliquer, en partie, la multiplication des levées de fonds par les entreprises du secteur.

Parallèlement, les données récentes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montrent que cette dynamique commence déjà à se traduire dans les ventes. En Afrique, celles de deux-roues électriques sont passées de moins de 1 000 unités en 2020 à environ 70 000 en 2025, portées notamment par les usages commerciaux, le développement de l’échange de batteries et l’accès au financement.

L’Ouganda a ainsi dépassé 30 000 ventes en 2025, tandis qu’au Kenya, elles ont plus que triplé pour atteindre plus de 25 000 unités, soit environ 15 % des nouvelles immatriculations de deux-roues. Les financements mobilisés par ARC Ride, Spiro et d’autres opérateurs accompagnent donc un marché dont la transition ne fait que commencer, mais dont les premiers signes d’accélération sont désormais visibles.

Abdoullah Diop

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