Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Nigeria : Cambridge annonce une nouvelle restitution de 116 bronzes du Benin

  • Date de création: 11 février 2026 14:59

(Agence Ecofin) - En juin 2024, 39 artefacts ont été officiellement remis au gouvernement ougandais par la célèbre Université de Cambridge, au Royaume-Uni, permettant à ces objets de retrouver leur pays d’origine. La future restitution au Nigeria s’inscrit dans la continuité de cette dynamique.

Dans un communiqué relayé sur son site officiel, le musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Cambridge a annoncé, dimanche 8 février, la restitution au Nigeria de 116 artefacts du royaume du Benin, une entité située dans l’actuel sud-ouest du Nigeria et fondée autour du XIᵉ siècle.

Cette annonce fait suite à une demande adressée par le Nigeria en 2022, et traduit une « restauration de la fierté et de la dignité perdues lors de leur dérobade », selon Olugbile Holloway, directeur général de la Commission nationale des musées et des monuments nigérians.

Dérobés par l’armée britannique en 1897, ces 116 joyaux communément appelés « Bronzes du Benin » reviendraient orner 129 ans plus tard le musée et le Palais Royal de l’Oba à Benin City, capitale de l’État d’Edo.

Les artefacts sont composés de bronzes, d’ivoire et de bois, d’après les informations relayées par TV5MONDE, qui précise toutefois que le musée d’anthropologie de Cambridge conservera près de 400 pièces du royaume du Benin. 17 des objets rendus resteront quant à eux sous forme de prêt pour la recherche et l’enseignement.

1 Musé copyMusée de Bénin City

Une vague continue de restitutions

Depuis une dizaine d’années, les pays européens ont enclenché un mouvement de restitution des trésors africains pillés, avec des gestes symboliques, mais aussi des retours massifs. Ce processus continu s’inscrit dans une dynamique de justice historique et de réappropriation culturelle.

Rappelons que la vague de rétrocession des trésors africains a connu un tournant décisif avec le rapport Sarr-Savoy intitulé « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle ». Rédigé par l’économiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne de l’art française Bénédicte Savoy en 2018, il recommande une restitution massive des œuvres africaines conservées dans les musées français, en particulier celles acquises de manière illégitime pendant la colonisation.

Ainsi en novembre 2021, 26 trésors royaux d’Abomey pillés en 1892 par la France sont revenus en République du Bénin. En 2022, l’Allemagne a pris le ferme engagement de restituer des œuvres spoliées lors d’une visite officielle au Nigeria.

« C'était clair que nous voulions une solution. L'accord qui a été signé fin août acte le transfert de propriété de plus de 500 bronzes du Bénin en notre possession vers le Nigeria. Et 168 objets vont rester ici à Berlin en tant que prêts de longue durée », a alors précisé Hermann Parzinger, président de la Fondation du patrimoine prussien.

D’autres pays d’Europe comme la Belgique, la Hollande ou l’Autriche n’ont pas dérogé à la règle. Un inventaire de 84 000 objets, représentant les deux tiers de la collection du musée de Tervueren, près de Bruxelles, doit retourner en terre congolaise (RDC). Plus récemment, la Hollande a pris la décision de restituer au Nigeria plus de cent bronzes du Benin, conservés jusque-là au Wereldmuseum de Leyde.

Le défi des musées africains après le retour

Le retour des trésors africains, souvent pillés ou exportés pendant la période coloniale, soulève un défi majeur pour les pays africains : que faire une fois ces œuvres récupérées ?

L’équipement en infrastructures adéquates pour la préservation et la conservation s’avère indispensable et nécessite un budget conséquent que les gouvernements ne sont pas toujours aptes à allouer. Aussi, la valorisation culturelle et économique des objets peut-elle constituer un levier de développement, pour peu qu’elle s’inscrive dans une stratégie durable de valorisation.

Le Bénin est souvent cité comme un modèle en Afrique pour sa gestion des restitutions d’œuvres d’art. Le Musée de l’Épopée des Amazones et des Rois du Danxomè (Murad), dont l’inauguration est prévue en 2027 à Abomey, en est une preuve.

Ubrick F. Quenum

Lire aussi:

16/12/2019 - La France va restituer 26 œuvres d'art au Bénin, d'ici 2021 (ministre français de la Culture)

22/07/2025 - France : bientôt une loi pour faciliter les restitutions du patrimoine africain

Sur le même thème
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande...
La reconnaissance du cinéma africain sur l’échiquier mondial est un débat qui suscite beaucoup d’intérêt lors des rendez-vous internationaux du septième art. Souvent mal...
Productrice et scénariste camerounaise, Evodie Ngueyeli est co-créatrice et scénariste de la série dramatique MONKAM. À l’occasion de sa diffusion sur TV5MONDE+, elle revient...
Le 7ème art africain ne bénéficie pas des meilleurs canaux internationaux de distribution par manque de moyens techniques et d’accompagnements financiers adéquats. Au-delà des...