(Agence Ecofin) - Pour le Zimbabwe, premier producteur africain de lithium, l’heure n’est plus à se cantonner aux premiers maillons de la chaîne de valeur du métal. Le développement de capacités de transformation locale vers des produits à plus forte valeur ajoutée fait désormais son chemin dans la filière.
LOHUM, une entreprise indienne spécialisée dans les minerais critiques, a annoncé mercredi 9 septembre l’expédition d’une première cargaison de minerai de lithium provenant de ses actifs miniers au Zimbabwe. L’initiative, que la société inscrit dans la stratégie nationale d’approvisionnement de New Delhi, intervient alors que le pays d’Afrique australe cherche lui-même à accroître la valeur ajoutée tirée de cette ressource.
Créée en 2021, LOHUM est jusqu’ici principalement active dans le recyclage des batteries lithium-ion et d’autres déchets métalliques, dont elle récupère des minerais critiques comme le lithium, le nickel, le cobalt ou encore le cuivre. Ses activités couvrent également le raffinage de ces intrants récupérés et leur transformation en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment des matériaux actifs pour cathodes, des catalyseurs ou des barres de cuivre. Son arrivée dans l’exploitation minière marque son expansion vers l’amont de la chaîne de valeur. La société se présente par ailleurs comme la première entreprise indienne à lancer des activités liées au lithium à l’échelle internationale.
Les concessions concernées sont situées dans la province du Matabeleland méridional et portent sur dix blocs riches en spodumène, couvrant environ 1 100 hectares. Le communiqué de LOHUM ne précise toutefois ni la capacité de production de ces actifs ni les investissements engagés pour parvenir à ces premières expéditions. Plusieurs médias internationaux, dont Reuters, évoquent pour leur part un potentiel de 30 à 40 millions de tonnes de minerai.
Surtout, LOHUM indique vouloir aller au-delà de l’extraction, en développant des « capacités de concentration au Zimbabwe afin de partager la création de valeur ». Cette étape permettrait de transformer le minerai extrait en concentré de spodumène avant les opérations chimiques nécessaires à la production de carbonate ou d’hydroxyde de lithium, des matériaux entrant dans la fabrication de batteries.
Cette ambition intervient alors que Harare cherche précisément à pousser plus loin la transformation de sa production. Le pays prévoit ainsi de suspendre les exportations de concentrés de lithium à partir de janvier 2027 et d’encourager la fabrication de produits mieux valorisés, comme le sulfate de lithium, intermédiaire au carbonate.
Dans ce contexte, se limiter à la concentration du minerai extrait de ses actifs pourrait à terme placer LOHUM face à des exigences croissantes en matière de transformation locale. La société annonce néanmoins viser une production annuelle d’environ 30 000 tonnes de carbonate de lithium d’ici deux à trois ans, sans préciser, dans son communiqué, quelle part de cette transformation sera réalisée au Zimbabwe. Elle dispose déjà d’une capacité de raffinage du lithium en Inde, qu’elle prévoit par ailleurs de doubler.
Les prochaines étapes du projet permettront donc de mesurer jusqu’où LOHUM entend aller dans la transformation de son lithium au Zimbabwe. Pour Harare, l’enjeu dépasse en effet la seule ouverture de nouvelles mines. Il s’agit désormais de faire remonter progressivement la production vers des maillons plus rémunérateurs de la chaîne de valeur. Une dynamique déjà engagée avec le chinois Zhejiang Huayou Cobalt, dont la production de sulfate de lithium a démarré dans le pays, tandis que d’autres capacités de transformation sont en cours de développement.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
Lire aussi :
21/05/2026 - Lithium : comment le Zimbabwe accélère la transformation locale de sa filière
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie le raccordement au réseau pour augmenter l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. De nouveaux investissements publics...Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses,...Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de...À Madagascar, la baisse du prix de l’Internet met les réseaux sous pression
À Madagascar, la baisse du prix de l’Internet met les réseaux sous pression
chapô : La demande en connectivité à haut débit continue de progresser en Afrique, au rythme de l’adoption des services numériques. Gouvernements et...CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe...Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires...
Renaissance Cairo Mirage City Hotel, Egypt