(Agence Ecofin) - Dans sa plainte déposée le 3 mai dernier auprès de la direction de la police judiciaire de Douala, Sylvie Nganso accuse l’ex-patron du groupe Commercial Bank de détournement de fonds et vol aggravé.
Selon le quotidien Mutations qui a relayé l’information, la nouvelle affaire qui accable Yves Michel Fotso, détenu à la Prison centrale de Yaoundé depuis le 1er décembre 2010 dans le cadre de l’affaire dite «Albatros» porte sur les motifs de détournement de fonds et vol aggravé. La plaignante réclame à l’ancien administrateur directeur général de la défunte Cameroon Airlines (CAMAIR) la somme de 3 milliards F CFA.
Sylvie Nganso, propriétaire de la Société civile immobilière (SCI) explique dans sa plainte qu’elle fut contactée en 2007 par Yves Michel Fotso qui lui proposait de réaliser ensemble une grosse affaire à Yaoundé. Séduite par le projet immobilier, la plaignante déclare que son entreprise avait sollicité, en date du 13 décembre 2007, un crédit à hauteur de 3 milliards F CFA auprès de Commercial Bank Cameroon (CBC), crédit que la banque ne tardera pas à lui octroyer. Cependant, au lieu d’être viré sur le compte courant de la SCI logé à la CBC, explique-telle, «Yves Michel Fotso fait délibérément virer l’argent sur un compte presqu’identique». Le crédit sera positionné et consommé en deux mois par «Yves Michel Fotso et son équipe». La plaignante précise que, «par-dessus tout, ils ont fait apparaître mon nom sur les relevés de compte pour les retraits en espèces. Et pourtant, je n’ai jamais ni demandé, ni retirer de chéquier sur ce compte».
L’accusé, certifie-t-elle, ne nie pas les faits. Aussi, signera-t-il en juillet 2008 un «engagement sur l’honneur», document où il s’engage à rembourser l’argent en deux tranches, entre le 31 décembre 2009 et le 31 décembre 2010. Sauf que, s’indigne la plaignante, «Yves Michel Fotso va prétendre avoir remboursé la première échéance en présentant deux faux titres fonciers évalués à 2,5 milliards F CFA». Deux jours avant le paiement de la deuxième échéance, l’homme d’affaires est appréhendé dans le cadre de l’opération «épervier». Mais, du fond du cachot, l’ancien patron de CBC s’engage auprès de sa banque à payer la dette. Toutes les négociations y afférentes vont se solder par un échec.
Résultat, CBC menace de saisir les biens de Sylvie Nganso. Laquelle se rend à l’évidence que les deux titres fonciers qui tenaient comme justificatifs du virement des 2,5 milliards comptant pour le premier versement étaient accompagnés d’un faux acte de vente qui porte curieusement sa signature. Sylvie Nganso précise que l’accusé n’a jamais remis à la banque les originaux de ses deux titres fonciers.
Guy C. Moussi