Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

En Afrique de l’Ouest, seulement 20 % des laiteries s’approvisionnent en lait local (rapport)

  • Date de création: 08 décembre 2020 13:19

(Agence Ecofin) - En Afrique de l’Ouest, le recours des industries laitières à la matière première locale est encore faible. Selon le Cirad, 20 % des laiteries basées dans la région collectent du lait local, un taux encore faible lié aux difficultés dans l’approvisionnement et à la concurrence des importations.

Seulement 20 % des laiteries installées en Afrique de l’Ouest s’approvisionnent en lait local. C’est ce qu’indique un rapport publié ce mois de décembre par le Cirad qui fait le point sur les impacts environnementaux et socio-économiques des expéditions européennes de poudre de lait ré-engraissée vers la région.

Selon le document, cette collecte se fait essentiellement auprès d’un réseau de 20 000 familles d’éleveurs et le taux de collecte régulière du lait local varie de 1 % au Nigeria à 7,8 % du lait produit au Sénégal.  

Cette faiblesse de l’approvisionnement local des industries est attribuable au fait que l’essentiel du lait de vache est autoconsommé et également par les difficultés de mobilisation des stocks en raison notamment du déficit d’infrastructures de transport et de la dispersion des troupeaux.    

A ces différents facteurs s’ajoutent, la part croissante des poudres de lait enrichies en matières grasses végétales (MVG) sur le marché ouest-africain avec la faible protection tarifaire imposée par la CEDEAO.

En effet, les droits de douane appliqués par le bloc régional à cette poudre tournent autour de 5 %, un taux très favorable qui combiné à son faible coût de production accroît sa compétitivité et le rend 30 % moins onéreux que l’équivalent local.  

 « Les poudres MGV sont constituées à 30 % d’huile de palme. Or, les informations indiquées sur les emballages n’en font pas forcément état. Les produits élaborés à partir de ces mélanges sont vendus sous le nom de « lait » ou de « yaourt », ce qui est contraire aux recommandations du Codex. Ces pratiques génèrent des risques de tromperies et les confusions entre produits laitiers et produits de substitution sont fréquentes », indique Christian Corniaux, chercheur au Cirad et co-auteur du rapport.

« L’écoulement de ces mélanges MGV ne doit pas se faire au détriment du développement des filières laitières africaines. L’Afrique de l’Ouest est riche d’une culture laitière pastorale basée sur de nombreux produits et savoir-faire laitiers, qui sont aujourd’hui très largement sous-valorisés », estime pour sa part Guillaume Duteurtre, un autre co-auteur de l’étude.

Selon les estimations, les mélanges de poudres ré-engraissées constituaient les deux tiers des achats de produits laitiers en Afrique de l'Ouest et près de 70 % de la consommation de produits laitiers dans la plupart des capitales en 2019.

L’Afrique de l’Ouest consacre entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros dans ses importations de produits laitiers. Les principaux acheteurs sont le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Ghana et la Mauritanie.  

Espoir Olodo

Lire aussi :

03/07/2019 - Lait en poudre réengraissé : quand la politique agricole européenne détruit celle de l’aide au développement


Espoir OLODO
 
COMM

Photographie : un livre sur les forêts de la République du Congo

MMA : Francis Ngannou fait son retour dans la cage en direct sur Canal+ Sport 1 en Afrique

Les films et séries d’animation occidentaux bientôt interdits au Nigeria?

Paule-Renée Etogo : « Le Rebranding Africa Forum vise à repositionner l'image de l'Afrique »