Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Image

Le chiffre d’affaires des fintechs africaines augmentera de 30% en moyenne par an d’ici 2028, à 20 milliards $ (rapport)

  • Date de création: 08 novembre 2023 03:51

(Agence Ecofin) - Alors qu’une proportion élevée de leurs populations demeure non bancarisée ou sous-bancarisée, les pays émergents et en développement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine seront les principaux moteurs de la croissance du secteur de la fintech durant les prochaines années.

Le chiffre d’affaires cumulé des start-ups spécialisées dans les technologies financières (fintechs) actives en Afrique devrait atteindre 15 à 20 milliards de dollars en 2028 contre 3 à 4 milliards de dollars en 2022, enregistrant ainsi une croissance annuelle moyenne de 30% durant cette période, selon un rapport publié le 24 octobre par le cabinet de conseil McKinsey & Compagny.

456imagr

Intitulé « Fintechs :  A new paradigm of growth », ce rapport précise que le chiffre d’affaires des jeunes pousses africaines qui révolutionnent le monde de la finance devrait enregistrer le deuxième rythme de croissance le plus élevé à l’échelle mondiale après celui des fintechs opérant dans la région Moyen-Orient (35% en moyenne par an entre 2023 et 2028).

En Amérique latine, le chiffre d’affaires des fintechs devrait progresser à un taux moyen de 27% par an d’ici 2028 contre 18% en Europe et 12% en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. La moyenne mondiale devrait, quant à elle, se situer à 15% par an.

A l’échelle mondiale, le chiffre d’affaires global des fintechs s’est établi à 150 à 205 milliards de dollars en 2022, soit 5% du chiffre d’affaires total du secteur bancaire. Il devrait cependant plus que doubler durant les années à venir pour atteindre 325 à 463 milliards de dollars en 2028.

Les pays émergents et en développement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine seront les principaux moteurs de cette croissance, étant donné que leurs populations demeurent largement non bancarisées ou sous-bancarisées.

457imagr

Le rapport souligne d’autre part que le secteur de la fintech a connu une forte croissance partout dans le monde au cours de la dernière décennie. En juillet 2023, les fintechs cotées représentaient une capitalisation boursière globale de 550 milliards de dollars, un montant qui représente le double de celui enregistré en 2019. On compte également plus de 272 fintechs qui ont atteint le statut de licorne en 2023, avec une valorisation combinée de 936 milliards de dollars, contre 39 jeunes pousses de la finance valorisées à plus d’un milliard de dollars il y a cinq ans.

S’adapter au refroidissement du marché du capital-risque

Les fintechs ont levé des capitaux records au cours de la seconde moitié de la dernière décennie. Les financements mobilisés par les fonds de capital-risque en faveur de cette catégorie de pépites de la tech sont passés de 19,4 milliards de dollars en 2015 à 33,3 milliards de dollars en 2020. Mieux, le secteur a tiré profit de l'accélération de la numérisation déclenchée par la pandémie du coronavirus. Les levées de fonds ont ainsi culminé à 92,3 milliards de dollars en 2021, et le nombre de transactions a augmenté de 19 %.

En 2022, une correction du marché a cependant provoqué un ralentissement de cette croissance explosive. L'impact de cette correction se fait encore sentir aujourd'hui. Les levées de fonds et le nombre de transactions ont chuté, tout comme le rythme de naissance des licornes. Mais toutes les fintechs ne sont pas logées à la même enseigne. A travers le monde, les start-ups en phase de croissance (série C et au-delà) ont été les plus sensibles à la baisse de financement durant l'année écoulée, avec une diminution moyenne de 50 %. En revanche, les fintechs en phase d'amorçage et de pré-amorçage ont vu leurs levées de fonds progresser de 26 %.

D’autre part, les fintech actives dans le segment B2B ont mieux résisté au tarissement des financements que celles opérant dans le segment B2C.  

Le rapport indique par ailleurs que les perspectives du secteur de la fintech demeurent prometteuses, notamment dans les pays émergents et en développement où la demande de produits financiers innovants reste vigoureuse.

Le récent refroidissement du marché du capital-risque doit cependant inciter les fintechs à revoir leurs modèles d’affaires pour passer d’une hypercroissance à une croissance plus lente, mais plus durable en mettant davantage l’accent sur la rentabilité et pas seulement sur la croissance du portefeuille clients ou du chiffre d'affaires total.

Dans un contexte où l’accès aux financements se complexifie, les jeunes pousses de la finance devraient également réduire leurs dépenses, réadapter leurs structures et devenir plus ouvertes aux fusions-acquisitions.

Image

Découvrir Ecofin Pro en une minute