(Agence Ecofin) - Les gouvernements africains cherchent à étendre l’accès aux services télécoms pour soutenir leurs ambitions de transformation numérique. En 2024, environ 23 % de la population algérienne n’utilisait pas encore Internet, selon l’UIT.
Les autorités algériennes veulent étendre les services de télécommunications à 3000 localités à faible densité de population réparties à travers le pays. L’initiative s’inscrit dans les efforts visant à généraliser l’accès aux services télécoms et à accélérer l’inclusion numérique, en particulier dans les zones rurales et difficiles d’accès.
L’Autorité de régulation de la Poste et des communications électroniques (ARPCE) a lancé, lundi 7 septembre, une adjudication par appel à la concurrence dans le cadre de cette initiative. Celle-ci est destinée aux opérateurs de réseaux de communications électroniques ouverts au public, titulaires de licences d’établissement et d’exploitation de réseaux publics de télécommunications mobiles, tels que Djezzy, Ooredoo et Mobilis.
L’opération concerne des localités comptant moins de 2000 habitants. Le financement du projet sera entièrement assuré par l’État à travers le mécanisme du service universel des communications électroniques. Le cahier des charges prévoit que les opérateurs sélectionnés assurent la couverture et la fourniture de services dans les zones concernées. Le délai maximal fixé pour la réalisation de l’opération est de 18 mois.
Réduire davantage la fracture numérique
Cette initiative intervient alors que les autorités achèvent un programme de couverture mobile similaire, mais de moindre envergure. Il visait à déployer des réseaux 4G dans 1 400 localités à travers les 58 wilayas du pays, afin d’étendre l’accès à la téléphonie et à l’Internet mobile dans ces zones.
Les projets concernent des zones où la faible densité de population réduit l’intérêt économique d’un déploiement pour les opérateurs. En effet, les investissements nécessaires pour installer et exploiter les infrastructures peuvent être élevés au regard du nombre limité d’abonnés potentiels, ce qui réduit les perspectives de rentabilité. L’intervention de l’État à travers le service universel permet ainsi de compenser cette contrainte économique et d’étendre la couverture à des territoires qui pourraient autrement rester moins bien desservis.
Rappelons que la couverture de la population algérienne atteint déjà des niveaux très élevés pour les différentes générations de réseaux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 2G couvrait déjà l’ensemble de la population en 2025, tandis que les réseaux 3G et 4G affichaient une couverture de 99,1 %. La 5G est encore à ses débuts.
Un coup de pouce à l’adoption des services numériques
Cette généralisation de la couverture télécoms intervient dans un contexte où les autorités algériennes sont engagées dans un processus de transformation numérique qui fait des TIC un pilier du développement socio-économique. La connectivité est donc indispensable pour permettre aux populations de participer pleinement à cette transformation.
Parallèlement, les services se dématérialisent progressivement dans plusieurs secteurs afin de les rendre plus accessibles aux populations. Cela concerne notamment les démarches administratives, les services financiers, l’éducation, la santé ou encore le commerce. Les autorités ont d’ailleurs récemment lancé une nouvelle plateforme nationale regroupant les services numériques en un seul endroit.
« Cette initiative vise également à contribuer au soutien du développement numérique, social et économique des localités à faible densité de population, ainsi qu'au renforcement de la cohésion sociale et de l'aménagement du territoire, à travers la mise à disposition des services de communications électroniques de manière plus large au profit des citoyens, indépendamment de leur localisation géographique », peut-on lire dans le communiqué de l'ARPCE cité par Algérie Presse Service (APS).
Toutefois, la disponibilité d’un réseau ne garantit pas à elle seule une inclusion numérique effective. L’adoption des services numériques dépend également de plusieurs facteurs, parmi lesquels l’accessibilité financière des terminaux et des offres Internet, les compétences numériques ainsi que la disponibilité de contenus et de services adaptés aux besoins des populations.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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