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FIDA-Equity Group : 200 millions $ pour l’adaptation climatique des agriculteurs d’Afrique de l’Est

FIDA-Equity Group : 200 millions $ pour l’adaptation climatique des agriculteurs d’Afrique de l’Est
  • Date de création: 08 septembre 2026 09:36

(AGRA) - L’accès aux financements destinés à l’adaptation au changement climatique demeure un défi majeur pour les petits exploitants agricoles et les entreprises rurales à travers l’Afrique. Les capitaux disponibles parviennent souvent difficilement à ceux qui en ont le plus besoin.

Afin de combler ce déficit de financement et de distribution, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et Equity Group ont lancé le 4 septembre, lors de l’Africa Food Systems Forum 2026 à Kigali, le Mécanisme africain de financement de l’adaptation climatique rurale (Africa Rural Climate Adaptation Finance Mechanism-ARCAFIM).

Doté de 200 millions de dollars, ce mécanisme piloté par le secteur privé vise à améliorer l’accès des petits producteurs et des entreprises rurales d’Afrique de l’Est aux financements dédiés à l’adaptation climatique.

ARCAFIM est mis en œuvre avec le concours du Fonds vert pour le climat (FVC), du ministère finlandais des Affaires étrangères et du Fonds nordique de développement. Il bénéficie également d’un cofinancement du gouvernement danois et de l’Union européenne.

Le mécanisme est prévu pour une durée de douze ans et repose sur deux volets : 180 millions $ de capital de prêt et environ 20 millions $ d’assistance technique.

Le capital de prêt devant être réutilisé sur environ quatre cycles d’investissement, l’initiative devrait générer près de 266 millions $ de prêts au profit des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et des petits exploitants agricoles des systèmes alimentaires d’Afrique de l’Est.

ARCAFIM se distingue par l’adoption d’une taxonomie détaillée de l’adaptation au changement climatique. Celle-ci doit permettre de transférer aux institutions financières participantes, aux petits exploitants et aux entreprises agroalimentaires des connaissances sur les investissements d’adaptation viables.

Le dispositif se différencie aussi par le fait qu’une banque commerciale supporte une part du risque aux côtés des capitaux publics, au lieu de se limiter à administrer ces fonds.

Sur les 180 millions $ de prêts, 90 millions proviennent directement du bilan d’Equity Group, ce qui équivaut, dollar pour dollar, à la contribution concessionnelle.

La protection du crédit est répartie en plusieurs tranches dans l’ensemble du portefeuille : les partenaires financiers internationaux couvrent une première couche de pertes, une tranche mezzanine est partagée avec la banque, tandis que cette dernière assume le risque senior.

Le programme sera déployé au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda. Il ambitionne de financer environ 260 000 petits producteurs et 500 MPME rurales. Au moins 50% des bénéficiaires ciblés seront des femmes et 30% des jeunes.

L’initiative devrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire d’environ 1,2 million de personnes et bénéficier, directement ou indirectement, à près de 1,5 million de personnes. Elle doit permettre aux communautés rurales et aux entreprises d’investir dans des solutions leur permettant de mieux résister aux effets du changement climatique.

Le critère de réussite du mécanisme est sa pérennité commerciale. ARCAFIM a été conçu pour que les prêts dédiés à la résilience climatique deviennent une activité bancaire ordinaire pour les institutions financières africaines, longtemps après l’épuisement des financements concessionnels.

« L’ambition du Mécanisme africain de financement de l’adaptation climatique rurale est de faire de l’adaptation climatique rurale une activité identifiable, viable et durable pour les institutions financières africaines. Il soutiendra des produits financiers adaptés ainsi qu’une taxonomie du financement de l’adaptation climatique, afin que les institutions participantes acquièrent l’expérience, les systèmes et la confiance nécessaires pour continuer à développer ce type de financement. Le mécanisme débute en Afrique de l’Est, mais il a été conçu pour être adapté et reproduit à travers l’Afrique », a déclaré Gérardine Mukeshimana, vice-présidente du FIDA,

La composante d’assistance technique fait partie intégrante de l’architecture financière du programme, plutôt que d’être un simple complément. Elle vise à renforcer les capacités des institutions de microfinance et des coopératives d’épargne et de crédit (SACCOs) participantes à octroyer des prêts destinés à l’adaptation climatique.

Elle doit également fournir aux agriculteurs et aux entreprises rurales les connaissances techniques nécessaires pour identifier les investissements capables de les protéger concrètement : irrigation et collecte de l’eau, résilience des filières laitière et d’élevage, stockage après récolte, énergies renouvelables et agro-transformation résiliente au climat.

« Les petits exploitants africains n’attendent pas d’être secourus. Ce sont des entrepreneurs qui évoluent dans l’environnement de risque le plus exigeant au monde ; ce qui leur a manqué, c’est un système financier conçu pour les accompagner. ARCAFIM change cette équation. En engageant notre propre bilan aux côtés des capitaux concessionnels, nous ne finançons pas un projet : nous construisons un marché, dans lequel financer la résilience climatique devient une activité bancaire normale plutôt qu’un acte de charité. La dignité commence lorsque l’on est considéré comme finançable. Si nous faisons nos preuves en Afrique de l’Est, ce modèle appartiendra à l’ensemble du continent », a estimé pour sa part, James Mwangi, directeur général et administrateur délégué d’Equity Group Holdings Plc.

« ARCAFIM montre comment la collaboration entre les secteurs public et privé peut débloquer des financements en faveur d’investissements durables et orienter les capitaux vers les besoins les plus urgents. Renforcer la résilience de l’agriculture face au changement climatique est un investissement judicieux qui bénéficie à la fois aux communautés et aux entreprises : il augmente la productivité et les revenus des petits exploitants tout en réduisant les risques liés au financement agricole », indique Juha Savolainen, directeur général au ministère finlandais des Affaires étrangères.

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