(SACOM) - Les 15 et 16 mai 2026, Pointe-Noire a accueilli la première édition du Salon de la communication (SACOM), un rendez-vous inédit qui a réuni près d’une centaine de professionnels, entrepreneurs, créateurs de contenu, médias, institutions, étudiants et acteurs du secteur autour du thème : « Vers un écosystème innovant de la communication congolaise ».
Pendant deux jours, les participants ont pris part à six panels, deux conférences, quatre ateliers pratiques et plusieurs sessions de réseautage destinées à favoriser les échanges entre les différentes composantes de l’écosystème de la communication au Congo.
Une première journée placée sous le signe de l’innovation et de la professionnalisation
La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de Lovely Ntsouini, promotrice du SACOM, qui a rappelé la nécessité pour les professionnels de la communication de mieux collaborer entre eux afin de renforcer le secteur.
La conférence inaugurale, animée par Emilia Mambissa Mokengo, directrice du cabinet Emy & Co, a porté sur les relations entre marques, publics et territoires à l’ère numérique. L’intervenante a insisté sur l’importance de la constance dans la construction de la confiance des marques et sur la nécessité d’une communication davantage centrée sur l’humain.
Les débats se sont ensuite poursuivis avec un premier panel consacré à l’innovation locale et aux marques congolaises. Les échanges ont mis en lumière la richesse culturelle locale comme levier de différenciation et de compétitivité pour les entreprises congolaises. Un second panel, dédié à la professionnalisation du secteur, a permis d’aborder les enjeux liés à la certification des métiers créatifs, à l’encadrement réglementaire et à la structuration de la profession.

L’une des interventions les plus remarquées de cette première journée a été celle de Nelson Cishugi lors de la conférence Tech consacrée à l’intelligence artificielle et à la data. L’expert a notamment souligné l’importance des données locales dans le développement de solutions numériques adaptées aux réalités africaines.
Des réflexions approfondies sur les mutations du secteur
La seconde journée a donné lieu à de nouveaux ateliers et panels abordant des thématiques variées telles que la communication responsable, le marketing d’influence, la valorisation des talents créatifs ou encore les enjeux juridiques liés à la contractualisation dans les métiers de la communication.
Parmi les temps forts, l’intervention du Dr Privat Tiburce Massanga sur les métiers sous-représentés a particulièrement retenu l’attention. Défendant le concept de « médiamorphose », il a rappelé que les médias traditionnels ne disparaissent pas face au numérique mais se transforment en s’adaptant à de nouveaux usages. Selon lui, la complémentarité entre les différents canaux d’information demeure une nécessité dans le contexte africain.
Les échanges ont également mis en avant la nécessité de mieux protéger les créateurs, de renforcer la contractualisation des relations professionnelles et d’encourager l’enregistrement officiel des agences de communication afin d’améliorer leur visibilité auprès des grandes entreprises.
Un Bootcamp précurseur pour renforcer les compétences
En amont du salon, les 10 et 11 avril 2026, les organisateurs avaient déjà lancé un Bootcamp consacré à la création de contenu et au développement des compétences numériques. Cette initiative a réuni 25 participants encadrés par quatre formateurs autour de sept modules portant notamment sur le storytelling, la production vidéo, la communication de crise, la marque personnelle, la monétisation et les stratégies de contenu.
Destiné à des profils variés (influenceurs, community managers, étudiants ou encore chefs d’entreprise) ce programme visait à aider les participants à mieux comprendre, structurer et monétiser leur présence digitale. Pour les organisateurs, ce Bootcamp constitue le premier maillon d’une démarche plus large de transmission des savoirs et de professionnalisation des métiers de la communication au Congo.
Vers une structuration durable du secteur
Au-delà des échanges, cette première édition du SACOM a permis de faire émerger plusieurs pistes de travail pour l’avenir : réflexion sur une certification officielle des métiers créatifs, élaboration de grilles tarifaires sectorielles, promotion de la contractualisation et renforcement du dialogue entre créatifs, médias, entreprises et institutions.

Avec près de 100 participants, 24 intervenants, 9 exposants et 20 partenaires et sponsors mobilisés, le SACOM 2026 a confirmé l’existence d’un écosystème de la communication dynamique et désireux de se structurer davantage. Les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé une deuxième édition en 2027 afin de poursuivre cette dynamique de concertation et d’innovation.

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