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Cybersécurité : la Tunisie s'attaque aux failles ordinaires de son administration numérique

Cybersécurité : la Tunisie s'attaque aux failles ordinaires de son administration numérique
  • Date de création: 07 septembre 2026 13:13

(Agence Ecofin) - La cybersécurité d’une administration ne repose pas uniquement sur la protection des centres de données ou la prévention des attaques sophistiquées. La gestion des accès, l’utilisation de canaux officiels et la sensibilisation des agents constituent également des enjeux majeurs.

En Tunisie, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri (photo), a publié mercredi 2 septembre une circulaire imposant de nouvelles exigences aux structures publiques afin de sécuriser leurs systèmes d’information et de garantir la continuité des services en ligne.

Le texte, adressé notamment aux ministères, gouvernorats, établissements publics et entreprises publiques, a été publié par la présidence du gouvernement et relayé par l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCS).

Au-delà du renforcement technique des plateformes publiques, qui prévoit notamment l’authentification multifacteur, des audits réguliers et des mesures de protection contre les attaques par déni de service, la circulaire cible directement la gestion des usages internes.

Les organismes publics devront ainsi désactiver les comptes inactifs ou ceux des agents ayant quitté leurs fonctions et interdire le partage des comptes d’accès. Les documents administratifs ne pourront plus circuler par des canaux non officiels, notamment les applications de messagerie et les réseaux sociaux. Les échanges professionnels devront passer par les messageries officielles utilisant le domaine national « .tn ».

La gestion des accès et des usages au cœur du dispositif

Ces dispositions élargissent l’approche de la cybersécurité dans le secteur public. La protection ne repose donc pas uniquement sur la sécurisation des infrastructures face aux attaques extérieures, mais également sur le contrôle des accès et des pratiques quotidiennes des utilisateurs. La circulaire prévoit d’ailleurs des actions régulières de formation et de sensibilisation des agents.

Le gouvernement demande parallèlement aux structures concernées de se préparer à gérer les conséquences d’éventuels incidents. Elles devront disposer de plans de continuité d’activité et de reprise après sinistre à jour, tout en signalant immédiatement les cyberincidents à l’ANCS.

Ces mesures interviennent alors que l’extension des services numériques accroît la surface d’exposition des administrations. Selon l’ANCS, le tunCERT a publié en juillet dernier 336 avis de sécurité concernant des vulnérabilités et des logiciels malveillants au premier semestre de l’année. L’agence indique également avoir détecté 657 540 incidents affectant différents acteurs du cyberespace national, dont 35 000 attaques par déni de service distribué (DDoS) au cours de la même période, soit une hausse de 38,34 % par rapport aux 25 300 attaques enregistrées en 2025.

Une nouvelle stratégie nationale en préparation

La Tunisie dispose par ailleurs déjà d’une stratégie nationale de cybersécurité, dont le premier cycle couvrait la période 2020-2025. Le pays prépare un nouveau cycle pour 2026-2030.

La Tunisie reste toutefois classée dans la catégorie « Tier 3 » du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui évalue les engagements des pays dans cinq domaines, notamment les capacités techniques et le développement des compétences.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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