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Graphite : à qui appartient Balama, la plus grande mine d’Afrique ?

Graphite : à qui appartient Balama, la plus grande mine d’Afrique ?
  • Date de création: 07 septembre 2026 04:26

(Agence Ecofin) - Relancée en juin 2025 après plusieurs mois d’arrêt, Balama fonctionne encore à un rythme limité, avec une production conditionnée à la vigueur de la demande de son graphite. Pour 2026, son opérateur Syrah Resources vise l’objectif de produire entre 60 et 80 000 tonnes de graphite.

Dans son rapport opérationnel publié fin juillet, Syrah Resources a indiqué poursuivre les discussions avec le gouvernement mozambicain autour de la réforme annoncée visant à porter de 5 % à 15 % la participation gratuite de Maputo dans les projets miniers. Si elle était appliquée à Balama, cette mesure pourrait modifier la structure de propriété de la plus grande mine de graphite du pays et d’Afrique en termes de capacité. Un changement qui concernerait directement Syrah Resources, actionnaire majoritaire du projet, mais aussi, indirectement, les différents investisseurs qui composent son capital.

Des investisseurs australiens dans l’équation

Balama n’est pas directement détenue par Syrah Resources. L’exploitation est portée par Twigg Exploration and Mining Limitada, la filiale mozambicaine du groupe, dont Syrah détient 95 % du capital. Les 5 % restants sont détenus par une entité contrôlée par le gouvernement mozambicain, conformément aux dispositions de l’accord minier conclu pour le projet. Derrière ces deux actionnaires directs se trouve toutefois une structure de propriété plus large. Syrah Resources est elle-même cotée à la Bourse australienne (ASX), exposant ainsi Balama à un ensemble d’investisseurs internationaux, avec une forte présence australienne.

D’après les données de MarketScreener, l’Australie représente 54,09 % de l’actionnariat identifié, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Le principal actionnaire de Syrah est AustralianSuper Pty Ltd, le gestionnaire australien de fonds de pension, avec 49,14 % du capital. Il est suivi par Paradice Investment Management, qui détient 3,24 %. Niche Asset Management, Peng Cheng Investment et Yyhh Investment figurent également parmi les principaux détenteurs recensés.

Contrairement à l’État mozambicain, l’influence de ces investisseurs sur Balama s’exerce via Syrah, à travers leurs participations dans la société. À ce titre, ils peuvent peser dans ses décisions stratégiques et par extension sur Balama qui constitue son principal actif minier.  

Vers une potentielle recomposition ?

C’est dans cette configuration que Balama évolue au Mozambique, entre reprise de la production et difficultés persistantes sur le marché du graphite. La compagnie a ramené sa prévision de production annuelle à 60 000-80 000 tonnes pour 2026, très loin de la capacité nominale de 350 000 tonnes par an. À cette équation opérationnelle s’ajoute donc désormais la réforme du cadre minier mozambicain. Si la participation gratuite de l’État venait effectivement à passer de 5 % à 15 % à Balama, Maputo renforcerait sa position directe dans un actif stratégique pour son secteur minier, tandis que celle de Syrah dans la société qui porte la mine serait mécaniquement réduite.

La compagnie précise toutefois que l’application de cette réforme à ses actifs reste conditionnée aux textes d’application actuellement en préparation. « La mise en œuvre de ces changements et leurs répercussions sur les actifs miniers et pétroliers mozambicains exploités dans le cadre des dispositifs actuels convenus avec le gouvernement national du Mozambique [notamment le projet Balama] dépendront des textes d’application en cours d’élaboration », indique-t-elle dans son rapport. Syrah ajoute participer aux consultations du secteur coordonnées par la Chambre des mines du Mozambique.

Pendant ce temps, la structure actionnariale de Syrah pourrait elle aussi évoluer. La société a reçu en mars une proposition de l’US International Development Finance Corporation (DFC) prévoyant la conversion d’une partie de son prêt existant en actions Syrah. L’opération porterait sur environ 31 millions de dollars de dette et pourrait, si elle aboutit dans les conditions envisagées, donner à l’agence fédérale une participation d’environ 20 % dans le groupe. Une éventuelle entrée au capital qui renforcerait l’implication de Washington dans Balama, alors que la mine s’inscrit dans la stratégie américaine visant à constituer des sources d’approvisionnement en graphite en dehors de la Chine.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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26/03/2026 - Graphite : l’opérateur de la mine Balama au Mozambique veut lever 72 millions USD

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