(Agence Ecofin) - Alors que les langues jouent un rôle croissant dans l’intégration régionale et le dialogue entre les peuples, le kiswahili s’impose comme un outil de coopération en Afrique, porté par l’Unesco, qui veut lui donner visibilité et légitimité avec des célébrations chaque 7 juillet.
La cinquième édition de la Journée mondiale du kiswahili est célébrée au siège de l’UNESCO, le lundi 6 et le mardi 7 juillet sous le thème « Kiswahili pour la paix, la solidarité et la diplomatie économique mondiale », valorisant son rôle dans le dialogue interculturel, la consolidation de la paix et l’unité africaine.
L’événement s’articule autour d’une exposition dédiée à la langue, à la culture, à l’éducation et aux outils numériques, enrichie par des tables rondes sur la gouvernance et la diplomatie linguistique, l’éducation et la technologie, la paix et le développement économique, ainsi que la jeunesse et les expressions culturelles.
La cérémonie officielle prévue ce jour sera ponctuée d’interventions de haut niveau, notamment des représentants du Groupe Afrique, de l’UNESCO et de la République‑Unie de Tanzanie, berceau du kiswahili, afin de mettre en lumière le rôle de cette langue comme vecteur de dialogue, d’identité culturelle, d’intégration régionale et de coopération internationale.
À l’occasion de cette commémoration, Khaled El Anani, directeur général de l’Unesco, a délivré un message fort, révélant l’une des plus fortes identités culturelles du continent : « Le kiswahili est une langue qui incarne à la fois la mémoire et le mouvement. Ancrée dans des siècles d’échanges interculturels, c’est l’une des langues les plus parlées d’Afrique : elle rassemble plus de 200 millions de personnes à travers le continent. »
Le kiswahili, langue transversale et vecteur d’échange économique
Selon l’ONU, le kiswahili, langue originaire d’Afrique de l’Est, s’est imposé bien au‑delà de ses frontières initiales. Aujourd’hui, ses locuteurs sont répartis dans plus de 14 pays, de la Tanzanie au Kenya, en passant par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud, la Somalie, le Mozambique, le Malawi, la Zambie et les Comores, sans oublier son rayonnement jusqu’à Oman et au Yémen au Moyen‑Orient.
En Afrique australe, l’Afrique du Sud et le Botswana l’ont déjà introduit dans leurs systèmes scolaires, tandis que la Namibie et d’autres nations envisagent de suivre cette voie. Ce déploiement illustre la montée en puissance du kiswahili comme langue transversale, outil d’intégration régionale et de dialogue interculturel.
Le kiswahili, à ce titre, joue un rôle déterminant dans la facilitation du commerce, des investissements et de l’intégration économique entre les pays qui l’utilisent. En tant que langue commune en Afrique de l’Est, en Afrique centrale et dans certaines régions de l’Afrique australe, le kiswahili réduit les barrières linguistiques, améliore la communication entre les acteurs économiques et favorise les relations commerciales transfrontalières.
Pour rappel, en 2021, l’UNESCO a consacré le kiswahili comme première langue africaine dotée d’une journée internationale, symbole du pouvoir du multilinguisme pour promouvoir la diversité, la tolérance et le développement durable. Quatre ans plus tard, son statut mondial s’est renforcé avec son adoption comme septième langue officielle de la Conférence générale, une première pour une langue d’origine africaine.
Le kiswahili, vecteur de paix et d’inclusion
Avant même d’être une langue, le kiswahili est un état d’esprit, une façon de vivre, de penser et de faire autour de la notion d’« Amani », qui signifie « paix ». Le kiswahili incarne donc cette notion de paix et véhicule un message de solidarité. Le thème de cette année, cité plus haut, en donne d’ailleurs pleinement la mesure.
Des mots emblématiques comme « Harambee » (se rassembler) et « Uhuru » (liberté) ou encore « Umoja » (unité) illustrent la profondeur du kiswahili en tant que langue de communauté et de vivre-ensemble. Ces termes ne sonnent pas comme de simples vocables : ils portent une charge historique et culturelle, ayant servi de slogans dans les mouvements de libération et d’intégration régionale.
Ubrick F. Quenum
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