(Agence Ecofin) - Les réactions se font nombreuses aux Etats-Unis face à la poursuite de 19 Américains soupçonnés par les autorités égyptiennes d’avoir illégalement financé les activités d’organisations non-gouvernementales en Egypte.
Les autorités Egyptiennes ont annoncé, dimanche 5 février, la poursuite de 44 personnes parmi lesquelles figureraient 19 américains ainsi que des Serbes, des Allemands, des Norvégiens, des Palestiniens et d’autres étrangers.
La décision fait suite aux perquisitions dans 17 locaux d’ONG qui avaient eu lieu le 29 décembre dernier. Parmi les ONG américaines visées figurent National Democratic Institute (NDI), International Republican Institute (IRI) et Freedom House. Les Etats-Unis avaient déjà, à ce moment, jugé « inacceptables » ces perquisitions.
Selon le quotidien Le Monde, les 44 personnes sont accusées d’avoir installé des filiales d’organisations internationales en Egypte sans avoir obtenu l’agrément du gouvernement égyptien ainsi que d’avoir reçu des financements illégaux en provenance de l’étranger. Les lois datant d’Hosni Moubarak sont en effet très strictes en matière d’installation d’ONG et de financement étrangers.
Aux Etats-Unis les réactions se sont déjà montrées très vives. « Nous avions reçu l'assurance de responsables du gouvernement égyptien que cette question serait résolue, que ce harcèlement prendrait fin, que les ONG pourraient reprendre le travail et que leur matériel leur serait restitué. Il est franchement inacceptable pour nous que la situation ne soit pas revenue à la normale », a déclaré, Victoria Nuland, porte-parole de la diplomatie américaine. D’après le New York Times, Hillary Clinton s’est montrée ferme face à cette décision. « Nous sommes très clairs sur le fait que les problèmes qui surgissent de cette situation pourraient avoir un impact sur notre relation avec l’Egypte ». Elle a également exprimé son inquiétude face à la situation des ONG en Egypte.
Les enjeux sont divers autour de cette annonce. Les conséquences visent à la fois les aides versées par les Etats-Unis à l’Egypte et les relations diplomatiques entre les deux Etats et Israël. Les Etats-Unis versent chaque année à l’Egypte 1,3 milliards de dollars d’aide militaire ainsi que 300 millions d’aide économique. La position de l’Egypte risque de remettre en question ces aides.
La décision de la justice égyptienne risque également de briser le trio Etats-Unis, Egypte et Israël, trois Etats relativement unis dans la région. Un détail qui pèse : un des soupçonnés n’est autre que le fils du secrétaire américain aux transports, Ray Lahood qui dirigeait l’Institut républicain international. Les autorités égyptiennes auraient justifié leur position par l’indépendance des pouvoirs judiciaires.
Pour le moment, aucune des 44 personnes n’a été placée en détention et celles-ci restent dans l’attente de la date de leur procès.