(Agence Ecofin) - Sur les marchés agricoles mondiaux depuis près d’un an, le prix des engrais flambe. Avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie, la situation s’est davantage compliquée pour les principaux producteurs agricoles à travers le monde.
Aux USA, le Tribunal du commerce international envisage de faire appel de la décision prise en mars 2021 par la Commission américaine du commerce international (ITC) d’imposer des droits compensateurs de 19,9 % sur les engrais fabriqués au Maroc, a-t-on appris de plusieurs sources médiatiques.
Cette disposition avait été prise après des investigations sur de présumées « subventions illégales » dont bénéficierait l’Office chérifien des phosphates (OCP) à la suite d’une plainte déposée par l’entreprise américaine Mosaic Co, leader mondial des concentrés de phosphates.
Pour l’instance judiciaire, la mesure tarifaire nourrit les difficultés des producteurs américains qui doivent déjà faire face à une flambée généralisée des cours des intrants, liée au conflit russo-ukrainien.
Selon les données du Congrès américain dont 86 membres ont aussi plaidé en mars dernier pour abolir le prélèvement, les prix des engrais phosphatés ont grimpé de 93 % depuis un an. Cette situation pourrait affecter d’après le Département américain de l’agriculture (USDA), les superficies emblavées en maïs, céréale dont le pays est le second producteur mondial derrière la Chine et le premier exportateur global.
Pour la filière marocaine, cette initiative du tribunal fédéral est annonciatrice de bonnes nouvelles dans la mesure où le pays de l’oncle Sam représente la quatrième destination pour les expéditions de phosphates derrière le Brésil, l’Inde et le Bangladesh.
Une suspension de ces prélèvements devrait profiter à l’OCP qui a exporté en 2019, 2 millions de tonnes d’engrais phosphatés vers les USA pour une valeur de 729 millions $.
Lire aussi :

Palais de la Culture d’Abidjan - "La transformation de l’anacarde : au-delà de l’amande".