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Internet : l’Égypte renforce ses capacités régionales avec un nouveau câble sous-marin

Internet : l’Égypte renforce ses capacités régionales avec un nouveau câble sous-marin
  • Date de création: 04 septembre 2026 13:54

(Agence Ecofin) - Sur le continent, le pays compte le plus grand nombre de câbles sous-marins. Selon la plateforme Submarine Cable Map, une vingtaine de câbles lui sont actuellement reliés, auxquels s’ajoutent cinq autres systèmes en cours de construction.

L’Égypte veut construire un câble sous-marin d’environ 200 km reliant Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, à Taba, sur le golfe d’Aqaba. Porté par Telecom Egypt et la société grecque Power Sub Link (PSL), le projet doit ajouter une liaison à forte capacité au réseau égyptien et offrir de nouvelles possibilités d’acheminement aux opérateurs internationaux.

Un protocole d’accord a été signé entre les deux parties le mercredi 2 septembre pour ce câble dont l’entrée en service est prévue pour le quatrième trimestre 2027. Sa capacité de conception atteindra environ pétabits par seconde. Telecom Egypt indique que la liaison doit réduire les pertes de signal, améliorer les performances du réseau et accroître les capacités disponibles pour le transport de données.

De la mer Rouge à la Méditerranée, une nouvelle continuité sous-marine

Le projet prolongera jusqu’à Taba le Red Sea Subsea Festoon Cable System de Telecom Egypt. Il créera ainsi une continuité entre plusieurs points d’atterrissement : Suez, Zaafarana, Ras Gharib, Charm el-Cheikh et Taba. Cette nouvelle liaison de 200 km s’intègre dans l’architecture Red2Med, qui relie les installations de la mer Rouge au corridor terrestre ICE et permet de rejoindre les infrastructures de Port-Saïd sur la Méditerranée. Elle offre ainsi aux opérateurs la possibilité de faire circuler les flux entre la mer Rouge et la Méditerranée par plusieurs chemins.

L’arrivée du nouveau câble à Taba étend cette architecture vers l’extrémité orientale de la mer Rouge. Telecom Egypt présente le projet comme une étape dans la création d’un corridor numérique oriental reliant la mer Rouge à la Méditerranée à travers le Sinaï.

Les vulnérabilités persistantes de la mer Rouge

La multiplication des chemins prend une importance particulière dans une zone où plusieurs câbles internationaux ont déjà connu des interruptions. En février 2024, des incidents avaient touché les systèmes AAE-1, EIG et SEACOM/Tata TGN-Eurasia dans la mer Rouge. Ces câbles assurent des connexions entre différentes parties de l’Europe, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie.

La région a de nouveau connu des perturbations en septembre 2025. Plusieurs câbles avaient alors été endommagés, provoquant des ralentissements dans plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient. Les opérateurs ont pu réacheminer une partie du trafic par d’autres infrastructures, mais ces opérations entraînent une hausse de la latence. 

Cette vulnérabilité tient en partie à la concentration des infrastructures sur certains passages stratégiques. Selon l’International Cable Protection Committee, une quinzaine de câbles sous-marins passent par le seul détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée méridionale de la mer Rouge. Une perturbation sur ce type de passage peut donc avoir des conséquences bien au-delà du pays où elle survient.

Capter davantage de trafic international

Le nouveau câble s’inscrit dans une stratégie déjà engagée par Telecom Egypt pour accroître sa présence sur le marché du transit de données. Selon les informations présentées par l’opérateur pour Capacity Europe 2026, ses infrastructures acheminent plus de 90 % du trafic international de données entre l’Europe et l’Asie, ainsi qu’entre l’Europe et l’Afrique. La capacité de transit annoncée dépasse désormais 330 Tb/s.

L’opérateur cherche aussi à valoriser cette infrastructure auprès des acteurs internationaux. Son offre WeConnect lancé en 2023 permet aux clients de combiner des capacités issues de plusieurs systèmes sous-marins et de disposer de différents chemins pour relier les marchés européens, africains, asiatiques et moyen-orientaux.

Pour rappel, Telecom Egypt a enregistré 34,5 milliards de livres égyptiennes (environ 680 millions de dollars) de revenus dans les activités International Carriers  et International Customers & Networks au cours de l’exercice 2025. Ce montant ne correspond toutefois pas exclusivement aux activités liées aux câbles sous-marins, ces deux catégories couvrant plusieurs services destinés aux opérateurs internationaux et aux clients de réseaux.

En 2023, Amr Talaat, alors ministre des Communications et des Technologies de l’information, avait indiqué que le pays investissait plus de 600 millions de dollars dans le développement de son réseau de câbles sous-marins. Selon lui, ces investissements devaient générer à terme 250 millions de dollars de revenus annuels.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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10/07/2025 - L’Egypte se connecte à un nouveau câble sous-marin à fibre optique

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