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Manganèse : un projet de transformation locale de 100 millions $ s’annonce en RDC

Manganèse : un projet de transformation locale de 100 millions $ s’annonce en RDC
  • Date de création: 04 septembre 2026 13:13

(Agence Ecofin) - Longtemps cantonnés aux premières étapes de la chaîne minière, les pays africains se tournent de plus en plus vers la transformation locale de leurs ressources. Portée par des réformes et des incitations aux investisseurs, cette trajectoire gagne du terrain, du Zimbabwe à la RDC.

La Société commerciale La Minière de Kisenge Manganèse (SCMK-Mn), détenue à 100 % par l’État congolais, d’après les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), projette de se lancer dans la transformation locale du manganèse en dioxyde de manganèse électrolytique (MnO₂). Ce composé chimique est utilisé dans plusieurs technologies de piles et de batteries.

Pour concrétiser cette ambition, la société recherche un partenaire privé afin de développer une unité industrielle à Kisenge, dans le Lualaba, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), selon le portefeuille de projets publié en juillet par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI).

Le recours au PPP est justifié par la volonté de réunir les capacités des secteurs public et privé. Selon le document, ce montage doit permettre de combiner l’agilité et l’expertise technologique du partenaire privé, jugées nécessaires à la réussite d’un projet industriel complexe et risqué.

Le coût total est estimé à 100 millions de dollars. Le partenariat envisagé serait conclu pour une durée comprise entre 20 et 30 ans. Dans ce cadre, la société publique attend du partenaire intéressé une contribution au développement de l’unité industrielle, aussi bien sur les aspects financiers que techniques. Le projet couvre plusieurs étapes, allant de la conception et de la construction jusqu’à l’exploitation, la maintenance et la gestion des services. Le document ne précise toutefois pas si les études de faisabilité ou les autres études techniques nécessaires au développement du projet ont déjà été réalisées.

SCMK-Mn en difficulté 

Cette initiative intervient alors que Kisenge Manganèse reste marquée par une longue période de faible activité. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, la société avait cessé sa production dans les années 1980, à la suite de l’interruption du chemin de fer Dilolo-Lobito, qui constituait une voie essentielle pour l’évacuation du manganèse vers le port angolais de Lobito.

Une partie du manganèse extrait dans le passé serait par ailleurs toujours présente sous forme de stocks à Kisenge. En 2015, Radio Okapi, citant Jean Koj, alors secrétaire de la délégation syndicale générale de Kisenge Manganèse, avait estimé ces stocks à environ 400 000 tonnes. Leur évacuation restait alors confrontée aux difficultés liées au transport ferroviaire. La reprise du trafic ferroviaire entre Dilolo et l’Angola avait toutefois permis, en 2018, l’évacuation d’une partie de ces stocks vers le port de Lobito. Plus récemment, les données provisoires du premier trimestre 2026 font état de 2 502,27 tonnes de concentré de manganèse exportées par la société.

À travers la création d’une unité de transformation, le projet pourrait permettre à la société de mieux tirer profit de la demande mondiale en manganèse, notamment sur les segments liés aux piles, aux batteries et au stockage de l’énergie. La fiche de projet souligne d’ailleurs que l’objectif est de positionner la RDC dans la chaîne de valeur mondiale des matériaux destinés aux batteries et de promouvoir une industrialisation plus durable.

Cette perspective intervient également dans un contexte de hausse du prix du concentré de manganèse. Selon les données de la CTCPM, le prix de la tonne de concentré à 99,7 % serait passé de 1 892 dollars en janvier 2025 à 2 950 dollars en mars 2026, renforçant l’intérêt économique d’une valorisation locale du minerai plutôt que son exportation sous une forme moins transformée. La tonne de concentré de manganèse à 55 % serait, en revanche, vendue autour de 50 dollars.

Timothée Manoke

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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21/07/2026 - Manganèse : la niche en devenir qui intéresse le français Eramet au Gabon

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