Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Madagascar : la filière riz s’inquiète de l’accroissement des importations

Madagascar : la filière riz s’inquiète de l’accroissement des importations
  • Date de création: 04 septembre 2026 12:02

(Agence Ecofin) - Madagascar est le 3ème producteur africain de riz après le Nigeria et l’Egypte. En plus de son rôle stratégique pour la sécurité alimentaire, la commercialisation de la production locale soutient le développement socio‑économique en assurant des revenus et des emplois pour des milliers d’agriculteurs.

À Madagascar, la filière rizicole tire la sonnette d’alarme face à la hausse rapide des importations, qui fragilise la commercialisation de la production locale. C’est dans ce contexte que l’Agence nationale de la mesure des résultats et de l’analyse des politiques publiques (ANMCC) a ouvert le 31 août dernier, une enquête en matière de sauvegarde sur plusieurs catégories de riz importé, selon une notification adressée le 2 septembre à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La procédure porte sur le riz décortiqué, le riz semi‑blanchi ou blanchi, même poli ou glacé, ainsi que le riz en brisures. Selon les règles de l’OMC, une telle enquête vise à déterminer si l’augmentation des importations cause ou menace de causer un dommage grave à une branche de production nationale. Si ce préjudice est établi, Madagascar pourrait mettre en place des mesures de sauvegarde, telles que des droits de douane additionnels ou des quotas, afin de protéger temporairement son industrie.

Selon les éléments disponibles au moment de l’ouverture de l’enquête, les importations de riz de la Grande ile ont plus que triplé en l’espace d’une année, passant de 262 002 tonnes en 2024 à 800 812 tonnes en 2025.

Cette progression intervient alors que plusieurs indicateurs de la production nationale se sont dégradés. « Entre 2023 et 2025, la production et les ventes ont diminué respectivement de 25,6 % et 25,4 %, tandis que […] le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 35 % à 24 % », souligne l’ANMCC.

Conformément à la procédure annoncée par l’organisme public, les importateurs, exportateurs et autres personnes intéressées disposent de 30 jours à compter de la publication de l’avis d’ouverture pour se faire connaître et présenter leurs observations. Les questionnaires devront, pour leur part, être retournés dans un délai de 30 jours ouvrables à compter de leur réception. Des auditions publiques pourront également être organisées à la demande des parties intéressées ou d’office.

Entre nécessité de soutenir la production locale et besoin d’importer

L’ouverture de l’enquête intervient alors que le gouvernement cherche à réduire progressivement la dépendance du pays aux importations, tout en maintenant l’approvisionnement du marché. Sur la Grande Ile, une taxation de 20 % sur le riz de luxe importé, assortie d’une TVA de 5 %, avait été prévue dans la Loi de finances rectificative 2026 avant d’être temporairement suspendue en août. Le ministère du Commerce a justifié cette décision par l’incapacité actuelle de la production locale à couvrir les besoins du marché, notamment à l’approche de la période de soudure.

En outre, la production de paddy est attendue en hausse en 2026, à 5,17 millions de tonnes, contre 4,68 millions de tonnes en 2025, selon les dernières prévisions de la filière rapportées en juillet dernier par le média local Midi Madagasikara. Cette progression qui reste à confirmer, pourrait contribuer à réduire les besoins d’importation, mais elle risque aussi d’accentuer les difficultés d’écoulement si les volumes importés restent élevés.

Dans son dernier rapport sur le marché mondial des céréales publié en août dernier, le Département américain de l’Agriculture s’attend d’ailleurs à ce que les importations malgaches de riz blanchi augmentent de près de 6 % pour atteindre 850 000 tonnes sur l’ensemble de l’année 2026.

Pour Madagascar, l’enjeu est donc de parvenir à accroître la production locale sans fragiliser les débouchés des producteurs, tout en maintenant un niveau d’importations suffisant pour couvrir les besoins du marché.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

12/08/2026 : Riz : le Nigeria obtient 3,7 millions $ du Japon pour renforcer son système semencier

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...