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Documentaire : « Dodji, l’Archet Vodoun », un voyage initiatique porté par la musique

Documentaire : « Dodji, l’Archet Vodoun », un voyage initiatique porté par la musique
  • Date de création: 04 avril 2026 03:01

(Agence Ecofin) - Reconnexion avec la culture ancestrale pour comprendre d’où l’on vient, « Dodji, l’Archet Vodoun » est un film documentaire qui plonge dans les racines des réalités africaines, en suivant les traces d’une cérémonie d’initiation qui n’a rien de « diabolique ».

Quand la quête identitaire s’allie à la vibration d’un violoncelle, entraînant, dans un élan de spiritualité, une revendication sur fond de sonorités traditionnelles de l’« Agbéhoun », un documentaire retient l’attention. Le samedi 4 avril, au Théâtre Claude Lévi-Strauss du musée du Quai Branly à Paris, « Dodji, l’Archet Vodoun » sera en avant-première mondiale.

Ce film, réalisé par Amaury Voslion, émane de la volonté du protagoniste Thomas Dodji Kpadé de partir sur les terres du Vodoun, au Bénin, pour répondre à l’appel du sol. C’est une immersion sensible dans l’identité et la spiritualité africaines, reposant sur un métissage musical entre le violoncelle et les rythmes traditionnels des couvents vodoun.  

L’appel du sol

Pour paraphraser le titre du roman d’Adrien Bertrand, prix Goncourt 1914, le documentaire « Dodji, l’Archet Vodoun » répond à un appel irrésistible du sol béninois. Né d’une mère française et d’un père béninois, le violoncelliste a éprouvé un impératif vital de retour à la source.

« On a toujours besoin, à un moment donné dans sa vie, de comprendre d’où on vient. Et c’est vrai que le Vodoun est partout au Bénin, et il est souvent mal compris, il est souvent même, on peut le dire, diabolisé. Alors que c’est aussi une religion… », explique le musicien lors de son intervention au Journal Afrique de TV5Monde Info.

Pour aller à la rencontre de son deuxième prénom, Dodji, monsieur Kpadé, tiraillé entre plusieurs cultures, n’oublie pas ses origines porto-noviennes. Dans les cultures du sud du Togo, du Bénin et du Ghana, cette appellation se traduit littéralement par « sois courageux » et est portée par les enfants des deux sexes.

Le film suit le parcours de deux hommes : un père, baigné dans la culture locale, guidant son fils vers un rite initiatique. La caméra capture des instants d’une grande force : les gestes cultuels, les libations, l’art divinatoire, les chants et les pas de danse sacrés. L’œuvre est soulignée par une musique originale intitulée « Réveille-toi », dont le seul titre est évocateur : un éveil de la conscience où le violoncelle sert de pont entre les cultures française et ouest-africaine.

Un hommage aux rythmes traditionnels

L’Agbéhoun, ou Agbé, en toile de fond musicale de cette réalisation, est un rythme traditionnel et également une danse sur bambous. Il offre un spectacle saisissant où les artistes évoluent sur des piquets plantés dans le sol, pouvant atteindre 14 mètres de hauteur. Pour rappel, ce rythme a fait les beaux jours du Bénin dans les années 1960.

« Si notre pays a pu gagner le prix mondial du théâtre en 1962 en France, c’est grâce au “Agbéhoun”. À l’époque, ils avaient utilisé un seul bambou et c’était déjà surprenant pour les jurys… », se rappelle Hermas Gbaguidi, patron de la troupe Agbéhoun, lors des Vodoun Days en 2025.

La projection du film s’inscrit dans le cadre du week-end « L’anthropologie va vous surprendre ! » qui revient pour une septième édition consacrée au thème du temps et des rythmes. Conférences, concerts, rencontres et séances de cinéma sont au programme.

Ubrick F. Quenum

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