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Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda et réduit de moitié sa présence en Afrique

Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda et réduit de moitié sa présence en Afrique
  • Date de création: 03 septembre 2026 10:19

(Agence Ecofin) - Après deux précédents retraits du continent depuis 2025, la firme américaine des VTC, Uber, réduit davantage sa présence en Afrique, alors que le groupe engage parallèlement une importante restructuration mondiale. Ses activités africaines se concentrent désormais sur quatre marchés.

Le géant américain des VTC, Uber, a annoncé mercredi 2 septembre l’arrêt simultané de ses activités au Nigeria et en Ouganda, troisième et quatrième retraits du groupe d’un marché africain en moins de deux ans, le jour même où il annonçait la suppression de 3300 postes dans le monde.

« Après un examen approfondi, nous avons pris la difficile décision de mettre fin à nos opérations au Nigeria et en Ouganda, avec effet au 2 septembre 2026 », a indiqué la société dans un message adressé à ses clients, précisant que la décision est « strictement limitée à ces deux marchés ».

L’arrêt des activités est immédiat. Le service d’assistance restera accessible jusqu’au 23 septembre pour traiter les dossiers en suspens. Lancé à Lagos en 2014 puis à Kampala en 2016, Uber met ainsi fin à 12 ans de présence au Nigeria et à 10 ans en Ouganda. Une indemnité exceptionnelle sera versée aux chauffeurs concernés.

Les chauffeurs ayant financé leur véhicule auprès de Moove conservent leur dette. Cette société basée à Lagos, dans laquelle Uber a mené un tour de table de 100 millions de dollars en 2024 et dont le groupe reste actionnaire, a levé mercredi l’exclusivité qui obligeait ces chauffeurs à ne rouler que sur l’application américaine. Ils pourront désormais travailler sur Bolt et inDrive, tout en restant tenus de rembourser les sommes dues. Un mois plus tôt, Moove avait levé 250 millions de dollars auprès du fonds souverain émirati Mubadala, portant sa valorisation à 2,1 milliards de dollars. Cette opération doit notamment financer son expansion dans la gestion de flottes de robotaxis.

Uber recentre sa présence africaine

Le groupe avait déjà quitté la Côte d’Ivoire en 2025, puis la Tanzanie le 30 janvier, après un différend avec le régulateur sur les tarifs. Après ces quatre retraits, Uber ne sera plus présent que sur quatre marchés africains : l’Égypte, le Ghana, le Kenya et l’Afrique du Sud.

Ces départs interviennent alors qu’Uber mène une restructuration mondiale. Le groupe a annoncé la suppression d’environ 3300 postes, soit près de 10 % de ses effectifs, dans le cadre d’une stratégie visant notamment à accélérer ses investissements dans les véhicules autonomes. Uber a engagé plus de 10 milliards de dollars dans ce secteur.

Au Nigeria, l’équation économique s’était fortement dégradée. La suppression des subventions aux carburants et la forte dépréciation du naira depuis 2023 ont fait augmenter les charges des conducteurs, tandis que l’inflation réduisait le pouvoir d’achat des passagers. Des chauffeurs ont manifesté à plusieurs reprises depuis 2017, notamment en mars 2026 à Lagos.

Plus de 2500 plateformes de VTC ont tenté de s’implanter dans le pays depuis 2014, selon Ibrahim Ayoade, secrétaire général du syndicat des transporteurs par application (AUATON). La quasi-totalité a depuis disparu.

Uber quitte ainsi un marché nigérian où Bolt et inDrive comptent parmi les principaux acteurs, tandis qu’en Ouganda, SafeBoda et Yango figurent parmi les plateformes concurrentes. Le groupe a par ailleurs démenti tout lien entre son départ et le différend qui l’opposait à l’autorité aéroportuaire nigériane au sujet des prises en charge dans les aéroports.

Uber affirme néanmoins rester « profondément engagé » en Afrique subsaharienne.

Fiacre E. Kakpo

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