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Festival Le Maghreb des Films : les cinéastes maghrébines à l’honneur

Festival Le Maghreb des Films : les cinéastes maghrébines à l’honneur
  • Date de création: 03 mars 2026 15:42

(Agence Ecofin) - Le mois de mars consacre des festivités, des conférences, des ateliers de réflexion et bien d’autres activités pour célébrer la gent féminine. En mars 2026, un cycle cinématographique est dédié aux réalisatrices de la région du nord de l’Afrique.

En marge de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, une programmation cinématographique spéciale intitulée « Femmes cinéastes des pays du Maghreb » se déroulera du 4 au 9 mars au Cinéma Chaplin Denfert à Paris.

L’agenda inclut notamment des films de réalisatrices comme Asmae El Moudir (La Mère de tous les mensonges), Kaouther Ben Hania (Peau de colle, La Belle et la Meute), Nadia Salem (Aucune rue ne portera ton nom) et Nassima Guessoum (10 949 Femmes), suivis de débats animés.

Créé en 2009 sous l’impulsion de l’association culturelle Coup de Soleil à Paris, avec pour objectif de promouvoir le cinéma maghrébin et les cinématographies des pays du Maghreb auprès du public francophone, le rendez-vous printanier met à l’honneur cette année deux réalisatrices tunisiennes : K. Ben Hania et Salma Baccar.

La volonté de valoriser le rôle des femmes dans une industrie cinématographique très genrée est portée par le festival du film franco-arabe, « Le Maghreb des films ». Inspirées des luttes d’indépendance, les productions cinématographiques du nord-ouest de l’Afrique succèdent à un cinéma colonial masculin et externalisé.

1 MoudirAsmae El Moudir, pionnière de la réalisation marocaine

Les femmes, toujours minoritaires dans l’industrie du cinéma africain

Aussi bien au Maghreb qu’en Afrique subsaharienne, les femmes occupent encore une place marginale dans l’industrie cinématographique.

Selon le récent rapport de Wifitalents « Statistiques de l’industrie cinématographique africaine » publié en février 2026, les réalisatrices représentent moins de 15 % de l’effectif total du secteur au Maroc. En Afrique, seulement 10 % des films produits sont réalisés par des femmes, tandis qu’elles ne constituent que 30 % des professionnels de l’industrie cinématographique du continent.

Néanmoins, les réalisatrices ne sont pas restées en marge de l’évolution du paysage cinématographique maghrébin. Les cinéastes tunisiennes, en l’occurrence, se démarquent par des prises de position fortes.

Les pionnières d’un cinéma maghrébin engagé

À la fin des années 1960, les premières femmes cinéastes du Maghreb se sont révélées derrière la caméra, une décennie après la naissance officielle du cinéma postcolonial.

Les pionnières tunisiennes, Sophie Ferchiou, première Maghrébine à réaliser un documentaire, Chéchia (1966), et Salma Baccar, première à diriger un court métrage, L’éveil (1968), ont ouvert la voie en abordant la condition féminine dans un pays marqué par des politiques progressistes depuis l’indépendance de 1956.

Quelques années plus tard, Salma Baccar signait également Fatma 75, premier long métrage réalisé par une Maghrébine.

En Algérie, Assia Djebar marque l’histoire en 1978 avec La Nouba des Femmes du Mont Chenoua, primé à Venise, tandis qu’au Maroc, Farida Ben Lyazid doit patienter plusieurs années après son premier scénario pour réaliser Une Porte sur le Ciel en 1988.

La plus jeune vague de réalisatrices porte les aspirations d’un lendemain plus égalitaire dans un Maghreb où l’application de la charia demeure un sujet de débat.

Ubrick F. Quenum

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