Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Après l’échec avec Takatso, l’Afrique du Sud relance la recherche d’un partenaire stratégique pour SAA

Après l’échec avec Takatso, l’Afrique du Sud relance la recherche d’un partenaire stratégique pour SAA
  • Date de création: 02 septembre 2026 11:40

 (Agence Ecofin) - Après plusieurs années de restructuration, South African Airways veut désormais franchir une nouvelle étape. Mais alors que Pretoria cherche à réduire son exposition financière, le transporteur devra présenter suffisamment de garanties pour attirer durablement des capitaux privés. 

Le gouvernement sud-africain remet sur la table le projet d’ouverture du capital de South African Airways (SAA), près de deux ans après l’abandon de l’accord conclu avec le consortium Takatso. Cette nouvelle tentative intervient alors que le transporteur cherche à financer son développement tout en réduisant progressivement son exposition au soutien public.

Le Cabinet sud-africain a approuvé, le mercredi 26 août, le lancement d’un nouveau processus destiné à identifier un partenaire stratégique pour SAA. L’objectif affiché est de renforcer le bilan de la compagnie, d’améliorer son accès aux capitaux et à l’expertise aéronautique, mais aussi de soutenir l’expansion de son réseau et le  renouvellement de sa flotte réduite durant la liquidation manquée in extremis. Pretoria cherche également à réduire son exposition financière et faire de SAA un transporteur national « crédible, investissable et autonome ». 

Cette annonce marque surtout la relance d'une stratégie qui avait déjà conduit, en 2021, au choix de Takatso Aviation comme partenaire stratégique privilégié. Le projet prévoyait alors que le consortium prenne 51 % du capital de SAA, contre 49 % pour l'État. Après plusieurs années de négociations et l'obtention d'autorisations réglementaires sous conditions, l'opération a finalement été abandonnée en mars 2024, notamment sur fond de désaccords concernant la valorisation de la compagnie. 

Cette fois, le challenge pour Pretoria consiste non seulement à trouver un acquéreur pour une participation dans le capital, mais aussi de donner à SAA les moyens de poursuivre sa croissance sans revenir à une dépendance durable vis-à-vis du contribuable. La compagnie doit en effet disposer de ressources importantes pour accroître sa flotte, développer de nouvelles liaisons et renforcer sa position sur un marché africain de plus en plus concurrentiel.

La gouvernance, un enjeu pour attirer les investisseurs 

Mais avant de convaincre un partenaire privé, SAA devra également rassurer sur la solidité de sa gouvernance et de sa situation financière. Les derniers mois ont été marqués par plusieurs changements à la tête de la compagnie, alors que son ancien directeur général John Lamola et les administrateurs non exécutifs ont quitté leurs fonctions en avril 2026. Une équipe intérimaire avait alors été installée pour s'attaquer aux dépenses et aux inefficacités. 

Le climat de gouvernance avait déjà été fragilisé par les difficultés rencontrées lors de l'audit des comptes. Pour l'exercice clos en mars 2025, l'Auditeur général sud-africain a émis une impossibilité d'exprimer une opinion sur les états financiers de SAA. Le rapport d'audit mentionne notamment l'insuffisance d'éléments probants et des problèmes liés à certaines informations financières.

La situation a encore été compliquée en août 2026 par la mise en congé spécial de Matshela Seshibe, nommé directeur général intérimaire seulement quatre mois auparavant. Koekie Mbeki, directrice juridique de SAA, lui a ensuite succédé à titre intérimaire. Ces changements interviennent précisément au moment où Pretoria cherche à présenter la compagnie comme une entreprise suffisamment solide et capable d’attirer un partenaire stratégique. 

Pour attirer un investisseur dans des conditions acceptables, SAA devra notamment offrir davantage de visibilité sur sa situation financière, sa gouvernance et sa stratégie de développement. L'expérience précédente avait montré que la valorisation de l'entreprise et les conditions de gouvernance pouvaient devenir des points de blocage majeurs.

Henoc Dossa

Sur le même thème
La Côte d’Ivoire veut mieux organiser la commercialisation des produits vivriers. Le gouvernement vient de valider de nouveaux textes et outils destinés à encadrer...
Après près d’un an d’exil, Umaro Sissoco Embaló entend revenir sur la scène politique bissau-guinéenne, alors que le pays s’apprête à sortir de la...
La Banque de réserve du Zimbabwe ajuste sa politique monétaire alors que les tensions inflationnistes restent limitées et que l’activité économique devrait conserver un...
Entre 2027 et 2029, la Zambie vise une croissance économique moyenne de près de 7 % dans un contexte de stabilisation macroéconomique. Le gouvernement mise...