(Agence Ecofin) - Voilà 18 ans que les enquêteurs et historiens cherchent la vérité sur l’attentat qui a coûté la vie du président rwandais Juvénal Habyarimana et provoqué le génocide des Tutsis en 1994.
Un document de l'ONU daté de 1994, ressorti des archives par une journaliste britannique, Linda Melvern, apporte un éclairage troublant sur cette tragédie, puisqu’il certifie que des missiles sol-air, français et russes, se trouvaient dans les arsenaux de l'armée rwandaise avant le génocide.
Si cette information n’apporte aucune certitude, elle suscite néanmoins des interrogations : pourquoi une pièce aussi essentielle du puzzle n’apparaitrait que 18 ans plus tard ? Comment des missiles français Mistral, alors interdits d’exportation, auraient-ils pu se retrouver dans l’arsenal rwandais ? Et pourquoi la France n’aurait-elle jamais évoqué cette livraison ?
Paul Quilès, qui avait présidé Commission parlementaire sur le Rwanda, voit dans ce document contesté, une manipulation choquante : « A ceux qui auraient la curiosité de s'interroger sur la qualité des "révélations" qui viennent d'être faites (18 ans après les faits) sur les missiles susceptibles d'avoir abattu l'avion du Président rwandais, je conseille de lire la partie du rapport de la mission parlementaire concernant l'attentat du 6 avril 1994 (pages 212 à 250), qui évoque les 4 hypothèses possibles pour le scénario et les commanditaires de l'attentat. » a-t-il déclaré.