(Agence Ecofin) - Alors que l’entreprise Cameroon & Korea Mining (C&K) international doit débuter l’exploitation du gisement de Mobilong début 2012, le gouvernement sud coréen doit faire face au « scandale des diamants camerounais». Plusieurs hauts fonctionnaires et certains responsables de l’entreprise C&K international sont au cœur d’une enquête les accusant d’avoir surévaluer la mine de Mobilong afin de tirer des bénéfices exceptionnels.
D’après le correspondant de RFI à Séoul, Frédéric Ojardias, la justice sud-coréenne a mené, lundi 30 janvier dernier, une perquisition dans le bureau de l’ancien ambassadeur pour les ressources naturelles, Kim Eun-Seok, principal accusé de l’affaire. L’homme avait été défait de ses fonctions le 17 janvier 2012. Les enquêteurs ont saisi dans les locaux du ministère des disques durs ainsi que des documents de correspondance diplomatique entre la Corée du Sud et le Cameroun. L’acte judiciaire est d’importance puisque c’est la première fois qu’une telle perquisition a lieu au ministère.
L’affaire des diamants camerounais a débuté en décembre 2010 quand l’entreprise sud-coréenne a obtenu les droits d’exploitation de la mine Mobilong, au Cameroun. A ce moment, dans son rapport, Kim Eun-Sok avait estimé la valeur du gisement à 420 millions de carats, ce qui, en réalité, s’est avéré être environ dix-sept fois sa valeur réelle. Face à de telles estimations, le gouvernement sud coréen avait annoncé la création de 4000 emplois directs et évoqué 500 milliards de FCFA d’investissement au Cameroun. Cette surévaluation avait permis au gouvernement d’évoquer un « succès de sa diplomatie des ressources naturelles ». Les conséquences ont été immédiates, la valeur des actions de l’entreprise sud coréenne a été multipliée par 4,6 en seulement 16 jours.
Certains membres de la famille de l’ancien ambassadeur avaient acheté des actions de cette entreprise avant même l’annonce de l’accord dans l’idée de réaliser de façon certaine d’importants profits. Aujourd’hui ces éléments pèsent sérieusement contre Kim Eun-Sok dans une affaire très médiatisée en Corée du Sud.
Toutefois, l’ex ambassadeur ne serait pas le seul impliqué dans ce scandale. La justice entend convoquer d’autres suspects. Le patron de l’entreprise serait d’ailleurs déjà poursuivi.