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Cinq pays africains préparent le 1er échange conjoint « dette contre nature »

  • Date de création: 01 octobre 2024 12:03

(Agence Ecofin) - Après le Gabon, le mécanisme « dette contre nature » gagne en popularité en Afrique, notamment dans les pays surendettés avec un fort potentiel de biodiversité. Si l'initiative  pilotée par l’UICN aboutit, ce serait la première fois en Afrique que des pays se mettent ensemble pour négocier un échange collectif de dette en faveur de la conservation de leur écosystème partagé.

Cinq pays africains se préparent à lancer ce qui pourrait devenir le premier échange conjoint « dette contre nature » au monde. L'objectif de cette initiative est de mobiliser au moins 2 milliards de dollars pour protéger les écosystèmes marins de l'océan Indien, une région riche en biodiversité, mais menacée par la dégradation environnementale. Ce projet est soutenu par un groupe mondial de protection de la nature, notamment l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). 

Selon les informations, l'UICN, qui espère que l’opération sera bouclée d’ici juin 2025, et ses alliés planchent sur la création d'un fonds dédié estimé à au moins 2 milliards de dollars. Il se composerait de 500 millions issus de financements concessionnels et de 1,5 milliard généré par des échanges obligataires. Pour ce faire, des négociations sont en cours avec plusieurs grandes banques multilatérales de développement dans la région pour mettre en place des garanties de crédit et des assurances, essentielles pour boucler l’opération.

Ces dernières années, les échanges de « dette contre nature » gagnent en popularité auprès des nations qui font face à des défis liés à la dette. Le principe est simple : les créanciers acceptent de réduire les obligations financières de ces pays en échange de leur engagement à utiliser les économies réalisées pour financer des projets de conservation. Ce mécanisme, déjà utilisé par l’Equateur, le Belize, le Gabon avec la facilitation de l’ONG américaine The Nature Conservancy (TNC) et les Seychelles, devient une solution de plus en plus prisée par les pays en développement. Cette initiative africaine, si elle aboutit, serait la première à impliquer plusieurs Etats partageant un même écosystème.

« Si nous voulons vraiment avoir un impact substantiel dans les cinq prochaines années, il est nécessaire de passer à une échelle régionale », affirme Thomas Sberna, responsable régional de la résilience côtière à l’UICN.

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Bien que les cinq pays concernés n'aient pas encore été dévoilés, on sait que le Kenya, Madagascar, Maurice et la Tanzanie entre autres sont partie prenante du projet de la « Grande Muraille bleue ». Ce vaste plan, soutenu par les gouvernements américain et britannique, veut restaurer 2 millions d’hectares d'écosystèmes océaniques, d'ici 2030. Ces pays, toutes situées dans l’océan Indien occidental, partagent des écosystèmes marins fragiles, essentiels à la survie de plus de 70 millions de personnes dépendantes de la pêche et du tourisme.

Historiquement, la coopération régionale sur les questions de gestion des ressources marines, telles que les droits de pêche, a toujours été complexe. « Les négociations sont encore en cours, mais nous espérons avoir un accord pour la Conférence des Nations unies sur les océans en juin prochain », a expliqué M. Sberna à Reuters. 

L’un des grands défis de ces accords est la répartition des fonds. Quel montant sera alloué à chaque pays ? Qui décidera des projets à financer ? Autant de questions qui nécessitent des discussions approfondies dans les prochains mois.

Fiacre E. Kakpo

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