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Avec le Ghana, le britannique Asset Green étoffe son portefeuille agricole en Afrique

Avec le Ghana, le britannique Asset Green étoffe son portefeuille agricole en Afrique
  • Date de création: 01 septembre 2026 12:08

(Agence Ecofin) - En Afrique, la plupart des pays sont importateurs nets de produits alimentaires. Les efforts croissants des États pour réduire cette dépendance à travers le développement des capacités de production au niveau local, créent des opportunités d’investissement pour les opérateurs locaux comme étrangers. 

L’entreprise Agrium Capital, filiale dédiée à l’agroalimentaire de la société britannique de capital‑investissement Asset Green, vient de s’engager dans un projet d’investissement dans l’industrie avicole au Ghana. Le lundi 28 août, l’entreprise a participé à la signature d’un accord‑cadre impliquant les autorités ghanéennes et d’autres partenaires, notamment le Tony Blair Institute, spécialisé dans le conseil en gouvernance, ainsi que Petra Pension Trust et Axis Pension Trust, deux gestionnaires ghanéens de fonds de pension.

D’un coût total annoncé de 270 millions USD, le projet doit couvrir plusieurs maillons de la chaîne de valeur, dont la production d’aliments pour volailles, les couvoirs, l’élevage commercial, la transformation, les infrastructures de chaîne du froid et la distribution. Selon l’Agence ghanéenne de presse (GNA), il sera développé à travers un processus de conception et de développement exclusif qui devrait durer 10 à 12 mois. 

Cette opération au Ghana n’est pas sans rappeler des approches d’investissement similaires menées récemment dans le secteur agricole d’autres pays africains, en l’occurrence le Nigeria et l’Éthiopie. 

Une stratégie d’investissement en Afrique qui se confirme

Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, Asset Green a en effet signé le 18 mars dernier un protocole d’accord avec la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) portant sur la réalisation d’un projet laitier intégré de 496 millions USD. Concrètement, ce projet prévoit la mise en place d’un complexe agro‑industriel comprenant 20 000 hectares de cultures fourragères et une ferme moderne capable d’accueillir 10 000 vaches laitières. Ledit projet inclura également la construction d’une unité de transformation d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes, destinée à produire du lait frais, du beurre, de la crème et du lait en poudre. 

Un peu plus tôt, en février 2025, le groupe britannique avait conclu en Éthiopie un accord avec Ethiopian Investment Holdings (EIH) et Ethiopian Agricultural Business Corporation (EABC) pour développer un projet intégré de production laitière et de cultures commerciales évalué à 600 millions USD. Ledit projet prévoit la mise en place d’une ferme laitière moderne sur 15 000 hectares, avec une première phase consacrée à l’élevage et à la production d’aliments pour bétail. Une seconde phase doit étendre les activités au coton, aux oléagineux et au riz.

Avec le projet annoncé au Ghana, Asset Green compte ainsi trois projets agroalimentaires annoncés en Afrique depuis février 2025, dans trois marchés et plusieurs filières agricoles. Leur valeur cumulée atteint 1,366 milliard USD, sous réserve de la concrétisation de ces programmes.

Des marchés déficitaires qui offrent des opportunités d’investissement

Au‑delà des différences entre les filières ciblées, ces trois opérations présentent un même point commun : elles interviennent sur des marchés où l’offre locale reste insuffisante pour couvrir la demande et où les gouvernements cherchent à réduire la dépendance aux importations. 

Au Ghana, par exemple, la consommation de viande de poulet est évaluée à près de 340 000 tonnes par an selon les données officielles, tandis que les importations atteignent près de 270 000 tonnes, pour une facture estimée à environ 400 millions USD par an. Au Nigeria, l’enjeu est similaire dans l’industrie laitière. Le pays fait face à une production locale insuffisante qui couvre moins de 40 % de la consommation estimée à près de 2 millions de tonnes de produits laitiers par an, selon la FAO. D’après l’organisation onusienne, le Nigeria a par exemple importé près de 103 000 tonnes de produits laitiers d’une valeur atteignant environ 317 millions $ en 2024 pour combler son déficit de production.

En Éthiopie, la production locale ne permet pas non plus de couvrir entièrement les besoins du marché, ce qui conduit le pays à recourir aux importations. D’après la FAO, le pays des négus a importé pour près de 7 400 tonnes de produits laitiers en moyenne par an entre 2020 et 2024. Sur la période considérée, la facture de ces achats s’est élevée à 23 millions USD en moyenne par an. 

Ces déficits offrent ainsi à Asset Green des marchés où le développement de capacités locales de production, de transformation et de distribution peut répondre à une demande déjà existante. 

Stéphanas Assocle

Lire aussi: 31/08/2026 : Manioc : face à un intérêt industriel croissant, le Nigeria renforce son système semencier

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