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Le Ghana veut faire du fret aérien un levier pour valoriser le potentiel agricole du septentrion

Le Ghana veut faire du fret aérien un levier pour valoriser le potentiel agricole du septentrion
  • Date de création: 01 septembre 2026 10:37

(Agence Ecofin) - Le Ghana cherche à mieux valoriser le potentiel agricole de son septentrion, alors que les coûts et les délais logistiques limitent encore l’accès de ses entreprises aux marchés internationaux. La future plateforme cargo de Tamale répond à cette volonté de rapprocher production et débouchés extérieurs.

Le gouvernement ghanéen prévoit de faire de l’aéroport international de Tamale un maillon clé de la chaine nationale des exportations, en s’appuyant sur le potentiel agricole du nord du pays. Les autorités cherchent notamment à réduire les coûts logistiques qui pèsent sur les entreprises locales, selon des inforations attribuées par la presse locale, à Goosie Tanch, coordinateur du 24-Hour Economy and Accelerated Export Development Programme, une initiative gouvernementale destinée à stimuler la production nationale et à réduire la dépendance aux importations.

Une  plateforme de fret aérien d’environ 150 acres est ainsi évoquée au sein de l’aéroport de Tamale, dans le septentrion, afin de faciliter l’acheminement vers l’étranger de légumes, fruits et autres produits agricoles à forte valeur ajoutée.

L’infrastructure doit notamment permettre de rapprocher les zones de production agricole des capacités logistiques nécessaires à leur accès aux marchés internationaux. Selon Goosie Tanch, elle s’inscrit dans la mise en place d’un système intégré reliant l’agriculture, l’industrie manufacturière, l’énergie et la logistique dans le nord du Ghana. 

Réduire le coût de la distance

Tamale occupe déjà une position stratégique dans le réseau aérien ghanéen. Après Accra et Kumasi, l’aéroport international de Tamale constitue la troisième principale plateforme aérienne du pays et la principale porte d’entrée aérienne vers le nord du Ghana. Le développement de l’infrastructure cargo devrait donc permettre de renforcer cette fonction en lui donnant une dimension davantage orientée vers le commerce extérieur.

L’enjeu est entre autres de réduire le handicap logistique auquel sont confrontés les producteurs et entreprises agroalimentaires de la région. Pour les produits périssables, les délais d’acheminement et les conditions de conservation peuvent en effet peser directement sur la valeur commerciale et la capacité à répondre aux exigences des marchés internationaux.

Une pièce de la stratégie d’exportation 

La plateforme cargo s’inscrit dans un ensemble de mesures déployées par Accra pour accroître les exportations non traditionnelles. Le gouvernement a notamment créé un comité consultatif chargé de la promotion des exportations et engagé la mise en place d’un fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans les ports de Tema et Takoradi. 

A ceux-ci s’ajoutent d’autres projets tels que la modernisation et l’agrandissement des ports, la revitalisation de la Volta Lake Transport Company, le développement du port de Mpakadan, la mise en service du port intérieur de Boankra, ainsi que l’extension d’autres infrastructures de la chaîne du froid pour soutenir les secteurs de la pêche et de l’horticulture.

Ces différentes initiatives répondent à un même objectif : réduire les délais et les coûts associés au commerce extérieur afin d'améliorer la compétitivité des produits ghanéens. Conformément à ses objectifs, le gouvernement ambitionne de faire passer les recettes issues des exportations non traditionnelles d’environ 3,5 milliards USD actuellement à au moins 10 milliards USD d’ici 2030.

Pour le président John Dramani Mahama, l’amélioration de la compétitivité passe notamment par la réduction des coûts logistiques et des délais de dédouanement. Les exportateurs ghanéens supporteraient certains des coûts logistiques les plus élevés d’Afrique de l’Ouest, tandis que les délais de dédouanement à l’exportation resteraient supérieurs aux moyennes régionales. 

Selon le chef de l’État qui s’est exprimé l’année dernière, à l’occasion de l’installation du comité consultatif chargé de la promotion des exportations, près de 47 % des exportateurs ghanéens déclarent faire face à des obstacles commerciaux importants. Les mesures non tarifaires et les retards procéduraux représenteraient une part importante de ces difficultés, tandis que plus de 52 % des plaintes concerneraient notamment des réglementations techniques coûteuses et chronophages ainsi que le manque de coordination entre les différents organismes impliqués.

Le défi de l’intégration logistique 

Une étude de l’International Trade Centre publiée en juillet 2024 souligne l’ampleur du potentiel associé à la réduction de ces contraintes. La suppression de plusieurs obstacles au commerce intérieur et extérieur, notamment ceux liés à l’évaluation de la conformité, aux inspections à l’exportation et aux procédures douanières, pourrait permettre au Ghana d’accroître ses exportations annuelles jusqu’à 4,3 milliards USD en un an.

Pour Tamale, la création d’une plateforme cargo ne suffira toutefois pas à elle seule à transformer le potentiel agricole du Nord en flux réguliers d’exportation. La disponibilité de liaisons aériennes cargo, les capacités de stockage et de conservation, les coûts de manutention ainsi que l’efficacité des procédures douanières seront déterminants. 

Henoc Dossa 

Edité par : Feriol Bewa

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