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Putsch au Niger : le Mali et le Burkina Faso menacent d’entrer en guerre en cas d’intervention de la CEDEAO

  • Date de création: 01 août 2023 14:59

(Agence Ecofin) - Face aux sanctions de la CEDEAO et de l'UEMOA, les gouvernements de transition malien et burkinabè apportent leur soutien au Niger. Les deux pays, actuellement sous régime militaire, menacent de riposter en cas d’intervention dans le pays.

Le Mali et le Burkina Faso font bloc autour des nouveaux militaires au pouvoir au Niger. Suite aux sanctions de la CEDEAO et l’UEMOA à l’encontre du pays, les deux gouvernements de transition installés par des juntes ont réagi par un soutien au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a opéré un coup d’Etat le 26 juillet dernier.

Dans un communiqué conjoint lu à l’ORTM, la télévision nationale malienne par le colonel Abdoulaye Maïga, ministre malien de l’Administration territoriale, le Mali et le Burkina Faso ont « exprimé leur solidarité fraternelle, et celles de leurs peuples, au peuple frère du Niger », le félicitant pour ce putsch.

Faut-il le rappeler, le coup d'Etat a été justifié par la dégradation de la situation sécuritaire et des conditions économiques au Niger.

Le Burkina Faso et le Mali dénoncent, à travers leur communiqué conjoint, la persistance des organisations régionales à prendre des sanctions qui renforcent la souffrance des populations, et mettent en péril l'esprit de panafricanisme. Ces sanctions, a précisé le colonel A. Maïga, ne seront pas appliquées, car considérées comme « illégales, illégitimes et inhumaines contre le peuple et les autorités nigériennes ».

Les transitions malienne et burkinabè avertissent en outre que toute intervention militaire contre le Niger s'assimilera à une déclaration de guerre contre le bloc. Une telle situation déclenchera leur retrait de la CEDEAO, et « l’adoption de mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple plus du Niger ».

La menace du Burkina Faso et du Mali survient alors que le colonel Amadou Abdramane, porte-parole de la junte militaire au pouvoir au Niger a mis en garde la CEDEAO qu’elle accuse de planifier une action militaire.

Lundi, le CNSP a accusé la France de préparer une opération militaire contre le palais présidentiel. Ce qu’a démenti le Quai d’Orsay, qui se prépare à évacuer ses ressortissants du pays.

Près d’une semaine après le putsch, la communauté internationale continue d’appeler à la libération du président déchu, Mohamed Bazoum, qui n’a pas officiellement présenté sa démission. Lundi, quatre ministres, un ancien ministre et le chef du parti de Mohamed Bazoum ont été arrêtés, selon un communiqué du PNDS, parti présidentiel.

De leur côté, les autorités guinéennes se sont contentées de se « désolidariser » des sanctions de la CEDEAO, affirmant qu’elles ne les mettraient pas en œuvre. Si Conakry n’a aucunement dit son intention d’entrer en guerre en cas d’intervention militaire de la CEDEAO, le pays indique qu’une telle opération entraînerait la dislocation de l’organisation.

Siamlo Victoria SEDJI


 
COMM

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