L’extradition d’Hissène Habré entre les mains de la CIJ

  • Date de création: 01 mars 2012 14:28

(Agence Ecofin) - Après plusieurs demandes d’extradition refusée, la Belgique a finalement saisi la Cour internationale de justice, pour contraindre le Sénégal à extrader Hissene Habré, à défaut de le juger.

Après plusieurs années de lutte pour le jugement de l’ancien président tchadien, accusé de crimes contre l’humanité, la Belgique a saisi l’organe judiciaire des Nations unies contre le Sénégal pour violation de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

La Belgique, au nom de la compétence universelle, reproche au Sénégal d’abriter en son sein une personne accusée de crime contre l’humanité en s’abstenant de le poursuivre ou de l’extrader. La Belgique avait déjà déposé une requête contre le Sénégal auprès de la CIJ en février 2009. Le Sénégal s’était alors engagé solennellement à extrader l’accusé vers la Belgique, ce qui n’a toujours pas été réalisé.

En effet, la justice sénégalaise a déclaré plusieurs fois les demandes d’extradition irrecevables pour des raisons de forme. La dernière requête s’est ainsi vue rejetée pour défaut d’authenticité des pièces or la Belgique certifie avoir déposé un dossier formellement recevable ce qui laisse croire à une falsification des pièces par les autorités sénégalaises.

Navi Pillay, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, avait déjà déclaré, en juillet 2001, qu’ « abriter une personne qui a commis la torture et d’autres crimes contre l’humanité sans la poursuivre en justice ni l’extrader est une violation du droit international ».

Ce sera finalement à la CIJ de déterminer si le Sénégal doit ou non extrader l’ancien président vers la Belgique à défaut de le juger. Les audiences devraient le 12 mars prochain. « Nous espérons que la Cour dénoncera les manœuvres dilatoires du gouvernement Sénégalais et ordonnera à ce pays d’extrader Habré vers la Belgique, afin qu’il y soit enfin jugé » a déclaré Clément Abaifouta, président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré.

La Belgique entend juger Habré pour les crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de torture commis durant son régime, de 1982 à 1990.