(Agence Ecofin) - Patrick Abba Moro, l’ancien ministre nigérian en charge de l’intérieur sous le régime Jonathan, a été reconnu coupable hier de fraude et blanchiment d’argent par la haute cour fédérale d’Abuja.
En effet, ce dernier avait été arrêté le 23 février dernier avec trois anciens cadres de son administration sur ordre de l’agence nationale anti-corruption (EFCC). Ceci, dans le cadre d’une enquête sur leur présumée responsabilité dans l'organisation frauduleuse d'un concours de recrutement en 2014 ayant provoqué des bousculades mortelles, auquel s'est ajoutée la disparition de plusieurs millions de dollars.
Dans les faits, le 15 Mars 2014, ces responsables ont organisé un concours de recrutement pour le compte de la fonction publique où 676 675 personnes ont déposé leurs candidatures pour passer les tests dans un stade à Abuja, plein à craquer, en méconnaissance des règles établies en la matière. Chaque candidatavait était astreint à payer la somme de 1000 nairas pour obtenir le droit de participer aux épreuves. Une infraction grave aux yeux de la juridiction fédérale qui reproche aux accusés d'avoir violé la loi n°65 en date de 2007 relative à l'organisation des tests de recrutement au Nigéria et d’avoir escroqué plus de 676 millions de nairas soit 3,4 millions de dollars aux candidats, majoritairement chômeurs.
11 chefs d’accusation au total ont été retenus à l’encontre de ces personnalités, la fraude et le blanchiment d'argent entre autres. Elles ont toutes plaidé non coupable, et en attendant de plus amples développements de l’affaire, elles restent à la disposition de la justice.
Les populations ont d’ailleurs salué cette décision du tribunal qui n’est que justice pour les 20 morts de la bousculade du 15 mars 2014.
Depuis plusieurs jours, plusieurs anciens responsables du régime Jonathan sont rattrapés par la justice pour répondre de leur gestion. Le dernier en date est le magnat du pétrole Jide Omokore, proche de l’ancien président, qui a bénéficié de nombreux privilèges et de plusieurs millions de dollars dans une affaire de corruption au sommet de l’État. Après quelques jours d’enquête, celui-ci a restitué au trésor public la somme de 14 millions de dollars.
Olivier de Souza